07-11-2013

L'été indien ... (7)

      Peu importait que l'histoire ait déjà commencé : le kathakali sait depuis longtemps que le secret des Grandes Histoires, c'est précisément de n'en point avoir. Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre. Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise. Elles ne cherchent ni la mystification par le biais du suspense et de dénouements inattendus, ni la surprise de l'incongru. Elles sont aussi familières que la maison qui vous... [Lire la suite]

07-06-2013

L'été indien ... (6)

    Deux choses s'étaient produites.Le fleuve s'était retréci. Elle-même avait grandi.En aval, on avait construit un barrage d'eau salée, résultat d'une promesse électorale faite au puissant lobby des propriétaires de rizières. Le barrage avait pour fonction de réguler le flux d'eau salée en provenance des marais qui s'ouvraient sur la mer d'Arabie et permettait désormais deux récoltes annuelles au lieu d'une. Un surcroît de riz, pour le prix d'un fleuve.On était en juin et il pleuvait ; pourtant le fleuve ressemblait à... [Lire la suite]
Posté par asiemutee à 20:08 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
06-16-2013

L'été indien ... (2)

      La femme d'Ahuja est jeune, mais elle fait plus jeune que son âge. Pas le genre jeune effrontée-énergique mais sans expérience et sans défense, plutôt comme quelqu'un qu'on vient de rabrouer et à qui on a dit qu'elle n'était pas bonne à grand-chose.Elle vient toutes les semaines, après la paie et achète les denrées les plus communes : du gros riz bon marché, des dâl en solde, une petite bouteille d'huile, parfois un peu d'atta pour faire des chapati. Je la vois saisir d'une main hésitante un bocal d'achâr à... [Lire la suite]
04-06-2013

Katakali : Darmaputra, l'homme condamé par le destin aux affres du remords ...

  Incredible India !! Parce que dans ma vie, vous vous en doutez bien (même si le  titre du blog le dément), il n'y a pas que le Japon ...     Je m'assis devant la lampe. Gopi avait ouvert le coffret à maquillage. Je pris une profonde inspiration. Un mélange d'odeurs imprégnait la salle de classe : des effluves rances de transpiration, l'amidon des uniformes, le savon bon marché et l'huile de coco, l'ennui et la fatigue. L'odeur de générations d'écoliers m'envahit les narines. Je vis Aashan se transformer en... [Lire la suite]