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Ils ne disent pas de quelqu'un qu'il est triste (kanashii) ou envieux (urayamashii) mais seulement qu'il en a l'air (kanashiso, urayamashiso). Que dire de plus du sentiment de l'autre ?

Elle n'aime pas qu'on lui souhaite un excellent week-end. Ce n'est pas facile d'avoir un tel week-end en général.

Ils évitent d'employer des mots trop directs ou blessants. Ils disent "habiller les dents de tissu (ha ni kinu o kiseru)". C'est ainsi qu'on peut entendre : "C'est sûrement cher, je suppose (kitto takai deshioo)!"

Mais sans trop le montrer ni en rajouter. Une extrême politesse est aussi une impolitesse.

Là ou j'aurais réagi, ils ne réagissent pas. Là où je ne réagis pas, ils réagissent. D'où vient que leurs jeux de langage soient si différents des nôtres ?

"Cocorico" en français, "kokekoko" en japonais. Plus qu'un son différent, une piste pour se glisser dans leur oreille interne.

"Papo papo" dit-elle pour imiter le son d'un klaxon.

Au lieu de mauvaise humeur, ils parlent plutôt d'humeur en pente (gokigen naname).

S'il leur arrive de dire "heureusement (sawai no koto ni)", ils disent rarement malheureusement. Ils tournent la phrase autrement.

Pour parler en japonais, il ne suffit pas de traduire, il faut changer d'humeur.

En japonais, wani désigne à la fois le crocodile et l'alligator. Il faut être spécialiste pour parler en français.

 

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Extrait de Iro mo ka mo, la couleur et le parfum de Ito NAGA

Photos à Ameyoko market (Tokyo) en juillet 2012

 

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