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"Chat geisha" : photo prise au musée international du manga de Kyoto

 

Ouf !!! je suis enfin venue à bout de ce roman de Natsumé Sôseki ! Pas toujours facile à lire, même s'il y a des passages fabuleux qui donnent tout leur intérêt à cet ouvrage incontournable de la littérature japonaise. Je  vous avoue que je ne l'ai pas lu d'une traite ; ce qui n'est sans doute pas étonnant quand on sait que Sôseki a écrit cette oeuvre sous la forme d'épisodes (de 1905 à 1906) qui sont parus dans la revue littéraire nippone "Hototogisu" ...

 

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Tout au long du roman, le chat, fin observateur des attitudes humaines, prend un malin plaisir à démonter par l'analyse les actes des personnages qu'il côtoie. Ainsi, il excelle dans l'art de souligner la bêtise humaine. Comme bien d'autres célèbres écrivains avant lui, Sôseki se sert de son chat pour livrer une satire de la société nippone en pleine transition (époque Meiji).

Si je peux recommander la lecture de cet ouvrage, c'est plus particulièrement à ceux qui connaissent déjà bien la littérature japonaise.

Là, je vous présente le chat qui, avec tout l'humour et la dérision de Sôseki, fait preuve de bien peu d'humilité ... mais je posterai d'autres extraits !

 

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Photo prise au cimetière de Yanaka (Tokyo), là où se trouve(rait) la sépulture de Natsumé Sôseki. Je me suis plu à imaginer que ce paisible chat se prélassait tout près de la tombe de Sôseki ; mais tout cela n'est peut-être que pure fiction ...

 

Les pattes de chat font oublier leur existence ; on n'a jamais entendu dire qu'elles aient fait du bruit par maladresse ou qu'elles aillent. Les chats se déplacent aussi silencieusement que s'ils foulaient l'air ou que s'ils marchaient sur des nuages. Leur pelage est doux comme le bruit d'un gong en pierre qu'on frappe dans l'eau, doux comme le son d'une harpe chinoise au fond de quelque caverne. Leur marche est parfaite comme l'intuition profonde et indescriptible des plus hautes vérités spirituelles. Avec de telles pattes, il n'existe ni vulgaire maison à l'occidentale, ni cuisine modèle, ni femme de voiturier, domestique, fille de cuisine, demoiselle de maison, femme de service ou Hanako, ni même son mari.


Je vais où je veux, j'écoute ce que je veux, je tire la langue, je secoue ma queue et je retourne calmement chez moi avec mes moustaches bien droites. Dans ce domaine, je suis d'ailleurs le chat le plus doué du Japon. Je me demande même parfois si je n'aurais pas quelque parenté avec Nekomata, le chat légendaire des livres d'histoires illustrées de jadis. On dit que les crapauds portent sur le front un joyau qui brille la nuit ; or moi je porte dans ma queue une magie héréditaire qui peut ensorceler non seulement les dieux, les bouddhas, l'amour et la mort, mais aussi la race humaine toute entière.

 

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'Nekomata' de Toriyama Sekien