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Vous vous en souvenez peut-être, lors de mon dernier séjour au Japon en mai 2010 j'avais passé une très longue journée à Kamakura et visité quelques temples et sanctuaires sur les 19 sanctuaires shintoïstes et les 65 temples bouddhiques que compte cette très belle ville qui fut la capitale du Japon de 1192 à 1333. Du temple Hase-Dera, je garde le souvenir de ses jardins aux innombrables statuettes de Jizo ...

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"Kamakura jouit d'un si bel environnement que ce doit être une cité bénie des dieux, songeait Kaze. C'est d'ailleurs manifeste quand on voit les innombrables temples, couvents et lieux sacrés qui parsèment ses collines et témoignent de la grâce des dieux, des esprits et des saints hommes à l'oeuvre ici.
Kamakura se nichait dans un vallon verdoyant, au coeur des monts escarpés qui ceignaient les eaux claires de la baie de Sagami. On y accédait par une route secondaire qui partait du Tokaido, lequel continuait jusqu'à Edo, mais Kaze était content de pouvoir éviter la nouvelle capitale du Japon, forteresse de ses ennemis, les Tokugawa.
C'était le seconde fois que Kaze venait à Kamakura. La première fois, c'était avec son sensei quand il n'avait que onze ans, mais possédait déjà le sens du furyu malgré son jeune âge, cet amour de la nature, à la fois esthétique et religieux, que les samouraïs s'efforçaient de développer et sans lequel ils auraient passé pour des barbares incultes.
En franchissant le col exigu qui ouvrait l'accès à Kamakura, Kaze découvrit la vue de la cité et se rappela la première fois où ce spectacle s'était offert à lui. Et sa réaction fut la même qu'autrefois : il s'arrêta pour s'abreuver de ce panorama, le souffle coupé et la gorge nouée.
La cité s'étendait à ses pieds dans une étroite vallée, avec au sud la mer bleue et, au nord, les montagnes abruptes au-delà desquelles on distinguait au loin le mont Fuji, le Fuji-san qui dominait l'horizon du haut de ses majestueuses pentes neigeuses. Outre la beauté du paysage, Kaze perçut immédiatement le potentiel militaire de l'endroit, avec ses reliefs escarpés et ses défilés, et il comprit pourquoi la ville avait jadis été une forteresse. Nitta Yoshisada s'était emparé de Kamakura plusieurs siècles auparavant, mais sa conquête avait nécessité l'intervention des dieux.
Le centre de Kamakura était disposé en forme de grille, à la chinoise, à l'instar de cette autre ancienne capitale, Kyoto. La rigidité de l'ordre imposé par ce quadrillage offensait presque le sens de la géométrie de Kaze, ce sens japonais qui aime qu'il y ait place pour les variations, telles celles qu'offre la nature. A la différence de Kyoto, cependant, la partie quadrillée de Kamakura était relativement groupée : elle s'organisait autour d'un axe principal, Wakamiya Oji, l'avenue en haut de laquelle se dressait le sanctuaire de Tsurugaoka.
Ce sanctuaire, dédié à Hachiman, le dieu de la guerre, était une création des Minamoto, qui avaient brièvement gouverné le Japon depuis Kamakura, quelques quatre cents ans plus tôt, avec l'idée chimérique que les palais et les propriétés établis sur les versants des riantes collines équivalaient à un camp militaire. Ils appelaient leur gouvernement un bakufu "gouvernement de la tente", comme pour indiquer par là qu'ils n'avaient pas perdu leurs racines militaires. L'un d'eux, Yoritomo, avait été le premier Minamoto à devenir un shogun, le "général qui conquiert les barbares".
Une fois qu'on s'éloignait du centre et de son quadrillage, les rues et les chemins de Kamakura prenaient une allure plus japonaise, épousant les courbes du terrain et serpentant dans la campagne. De grands arbres croissaient sur les pentes des collines, le paysage était parsemé de toits de tuiles bleus et gris. De son premier voyage, Kaze se rappelait qu'après la pluie certains toits reflétaient le Fuji-san - glorieuse image réfléchie dans un humble miroir.
Le son d'une cloche de temple emplit l'air. Kaze laissa déferler sur lui la vague puissante de ce kane de bronze. Kamakura foisonnait de temples, ainsi que de lieux importants pour le Zen, le Nichiren et la plupart des autres écoles bouddhistes. Kaze regarda passer devant lui le cortège que formaient les samouraïs de la barrière, Hishigawa, Goro, Hanzo et la charrette remplie d'or. La procession bifurqua pour s'engager sur une petite route qui devait mener chez le marchand. Hishigawa avait loué les services de dix samouraïs et le voyage à Kamakura s'était déroulé sans incidents."

Extrait de "Vengeance au palais de Jade" de Dale FURUTANI

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Quatrième de couverture

Tandis que Matsuyama Kaze, le samouraï, suit la route du Tokaido sur la piste de la fille de son ancien maître, enlevée trois ans auparavant, il sauve la vie d'un homme attaqué par des bandits. La victime, un marchand nommé Hishigawa, prend Kaze à son service pour qu'il l'accompagne jusqu'à sa somptueuse demeure de Kamakura. Là, le samouraï découvre qu'Hishigawa est un personnage trouble et il devient bientôt clair que dans la vie dorée du marchand tout n'est qu'illusion. Détourné une fois de plus de sa mission, Matsuyama Kaze va pénétrer au coeur des secrets décadents du palais de Jade.
Avec son héros non conventionnel, Dale Furutani nous fait découvrir toutes les beautés et les mystères du Japon féodal.

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