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Quelques temps avant mon dernier séjour au Japon où, vous vous en souvenez peut être, j'avais rendez-vous avec le Fuji-san, ma fascination pour ce mont sacré m'avait amenée à rédiger ce message que ne n'avais finalement pas posté.  Idem pour "Le conte du coupeur de bambous".

Comme je me sens un tout petit peu coupable de laisser mon blog végéter, mais que je faignasse  n'ai pas suffisamment d'énergie pour revenir tout à fait ici, je me suis dit qu'il suffisait de puiser dans mes réserves ;)

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Le Fuji bleu

Les Trente-six vues du Mont Fuji sont une série de 46 estampes réalisées par Hokusaï (1760-1849) et dont les dates d’édition s’étendent entre 1831-1833. Elles représentent le mont Fuji depuis différents lieux, suivant les saisons.

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Ejiri de la province de Suruga

Cette série est aujourd’hui très célèbre car elle marque l’intégration dans les thèmes de la tradition japonaise (la plus ancienne de nombreuses représentations artistiques du mont Fuji semble datée du XIème siècle) des modes de représentation occidentaux, et en particulier de la perspective utilisée dans la peinture occidentale.

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Rizières d'Ono dans la province de Suraga

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Vue du Senju - défilé de Daimyo

Vers1830, Hokusai contacte probablement l’éditeur Nishimuraya Yohachi pour lui soumettre son projet de graver une série de grandes estampes de paysage sur ce thème unique.

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Sous la vague au nord de Kanagawa

Dix estampes paraissent d’abord, dont la grande vague au large de Kanagawa, Le Fuji par temps clair et L’orage sous le sommet, souvent considérées comme les trois plus célèbres estampes japonaises et dont le succès fut immédiat.

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Pluie d'orage sous le sommet du Mont Fuji   

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Vent frais par matin clair

Les Trente-six vues du mont Fuji est une des premières séries entièrement consacrée au paysage mais réalisée en grand format (oban) et en cela Hokusai a révolutionné la peinture de l’époque.

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Col de Mishima dans la province de Kai

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Plage de la province de Suraga

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Hushibori dans la province de Hitachi

Cependant même si le Mont Fuji est l’élément principal de la série, il ne constitue pas son but ultime, le thème central qui habite ces estampes étant l’illustration du rapport entre l’homme et la nature : « Le thème des Trente-six vues du Mont Fuji est le rapport entre l’homme et la nature, et la plus grande invitation à approfondir ce rapport se trouve là, justement, où l’homme n’est pas représenté (ce qui ne l’empêche pas d’être présent - à travers l’œil du spectateur). »  Kenneth White.

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Le Fuji rouge : vent du sud, ciel clair

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Autoportraits d'Hokusai (ci-dessus et dessous)

Hokusai_1760_1849__Katsushika__Japan_Selfportrait_at_the_age_of_eighty_threeGénie protéiforme, créateur audacieux, Katsushika Hokusai (1760-1849) incarne la spiritualité et l’âme japonaises. « Fou de dessin » (gakyôjin) tel qu’il aime à s’appeler lui-même, doué d’une curiosité artistique insatiable et d’un élan créateur durable et fécond tout au long d’une carrière prolifique, longue de soixante-dix années, servi par une extraordinaire capacité de travail, il laisse une production monumentale, comprenant des milliers d’œuvres remarquables tant par leur qualité esthétique que par leur variété stylistique : peintures, dessins, gravures, livres illustrés, manuels didactiques. Il pratique tous les genres traditionnels, – portraits de geishas, d’acteurs de kabuki et de lutteurs de sumo, scènes de la vie quotidienne, cartes de vœux raffinées (surimono), illustrations de romans et de poésies –, mais c’est dans les années 1830, avec la publication de ses grandes séries de paysages, où il traite pour eux-mêmes les sites naturels, qu’il donne une vigoureuse impulsion à l’estampe japonaise. Adoptant un style tout à fait original, il réalise une synthèse entre son acquis oriental et l’assimilation des influences occidentales pour composer des paysages inattendus, d’une saisissante beauté.

Hokusai est né en 1760 dans un faubourg campagnard d’Edo, sur la rive orientale du fleuve Sumida : il gardera dans ses patronymes le nom de cette zone rurale : Katsushika. On ne sait rien de ses parents véritables. Adopté à l’âge de trois ans par un artisan d’art, fabricant de miroirs à la cour du shogun, il développe des aptitudes précoces pour le dessin. Commis chez un libraire, il étudie les images des livres illustrés. À l’adolescence, il fait son apprentissage chez un xylographe, où il travaille de 1773 à 1778, s’entraînant à graver lui-même les planches de bois. Tout au long de sa vie, mouvementée et difficile, il déménage constamment et change perpétuellement de nom et de signature, selon les étapes de son travail et l’évolution de son style.

(sources BNF, musée Guimet, British Muséum)

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Le Fuji bleu, tel qu'il m'est apparu au lever du jour (Kawaguchi, mai 2010)