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On dit que les chats domestiques arrivèrent au Japon vers 550. Ils sont supposés avoir été introduits en même temps que le bouddhisme car ils étaient notamment utilisés pour préserver les textes sacrés des rongeurs.

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Estampe de Kiyohiro Torii (1737/1776) "Couple avec un chat"

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Illustration de Nasanobu Kitao (1761/1816) tirée de "50 poèmes de Kyôka à la façon d'Edo"

On dit aussi que le chat était tellement précieux qu’il était tenu en laisse par les élégantes. Il fallut attendre une loi de 1602 pour que le chat puisse évoluer en liberté. Cette loi avait pour but de débarrasser la soie de ses parasites et seul un chat libre pouvait le faire.

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Estampe d'Hiroshihe Utagawa (1797/1858) de la série Les cent vues célèbres d'Edo "Le sanctuaire de Yushima Tenjin depuis le sommet de la colline"

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On rencontre un grand nombre de chats errants au Japon, notamment dans les temples, les jardins et les cimetières.

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Comme les japonais n’ont pas toujours la possibilité de posséder un chat, notamment en raison de l’exiguïté de leurs logements et du manque de temps, on a vu apparaître des zoos domestiques, comme ici à Ikebukuro. Il s’agit de Nekobukuro qui se trouve au dernier étage du magasin Tokyu Hands où, pour quelques yens, vous pouvez passer un moment en compagnie de chats de votre choix. Ce sont pour la plupart des chats de race, très bien entretenus, pas toujours très coopératifs. En cela, je les comprends, car ils vivent dans un cocon et n'ont pas envie d'être dérangés par des visiteurs dont l'attitude, pour certains, est bien puérile.

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Le chat est aussi l'emblème du quartier de Yanaka à Tokyo où un le trouve un peu partout dans la rue.

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Comment parler de chat sans évoquer les deux plus célèbres chats japonais : Hello Kitty et le Maneki neko.

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Hello Kitty est une petite chatte blanche sans bouche (car elle parlerait avec son coeur ...) à ruban rose crée par la styliste Ikuko Shimizuen en 1974. Son nom, qui  est celui d'un des chats gardé par Alice dans le roman de Lewis Carroll "De l'autre côté du miroir", lui a été donné car à cette époque la culture britannique était très populaire auprès des jeunes japonaises. Distribués par la société japonaise Sanrio, les produits estampillés Hello Kitty connaissent un succès commercial mondial phénoménal.

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Maneki neko, appelé aussi chat bonheur, est une statue traditionnelle japonaise en céramique ou en porcelaine représentant un chat assis et levant la (ou les) patte(s) au niveau de l'oreille.

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On le trouve fréquemment sur les devantures des magasins, près des caisses, dans les salles de pachinko ... le maneki neko étant censé attirer le client et lui faire dépenser le plus d'argent possible.
La patte gauche levée : attire les clients
La patte droite levée : attire l'argent
Il existe également des chats levant les deux pattes et très rarement les quatre.

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Le chat est aussi très présent dans la littérature japonaise. Chez Haruki Murakami les protagonistes sont souvent à la recherche de leur chat. Il y a bien sûr le célèbre "Je suis un chat" de Soseki (je ne l'ai pas encore lu), "Le chat, son maître et ses deux maîtresses" de Tanizaki et le très joli roman de Takashi Hiraide : "Le chat qui venait du ciel".

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Extrait de "Chroniques de l'oiseau à ressort" de Haruki Murakami

"Je posai les pieds sur le bord de ma chaise, pliai les genoux et appuyai ma joue dessus. Puis je fermai les yeux un instant. Toujours pas un bruit. L'obscurité derrière mes paupières ressemblait à un ciel nuageux, mais d'un gris un peu plus foncé. De temps en temps, un peintre invisible venait ajouter une pointe de couleur en gris derrière mes paupières. Parfois c'était un gris avec une pointe de doré ou bien un gris mêlé de vert, ou de rouge. J'étais admiratif devant la quantité de nuances de gris qui existaient en ce monde. C'est étrange, la condition humaine, pensai-je : il suffit de rester immobile dix minutes pour pouvoir contempler une incroyable palette de gris.
Je sifflotai un moment sans penser à rien, en contemplant ces divers échantillons de gris.
- Hé, fit une voix.
J'ouvris les yeux en vitesse. Me penchai un peu pour regarder dans l'ombre des herbes du côté de la porte : elle était ouverte. Quelqu'un était entré derrière moi dans le jardin. Les battements de mon coeur s'accélérèrent.
- Hé, dis donc, répéta la voix.
Une voix féminine.
Elle sortit de derrière la statue de l'oiseau, s'approcha de moi : c'était la fille qui se faisait bronzer l'autre jour dans le jardin d'en face. Elle portait le même tee-shirt bleu pâle Adidas, un short et traînait un peu la jambe ; un seul détail différait : elle n'avait pas ses lunettes de soleil.
- Dis donc, qu'est-ce que tu fais là ?
- Je cherche mon chat.
- Vraiment ? fit-elle. Je n'aurais pas cru<; ca m'étonnerait que tu trouves ton chat en restant assis là, les yeux fermés, à siffloter.
Je rougis un peu.
- Moi, ça m'est égal, mais si des gens te voient installé là, ils vont te prendre pour un pervers. Tu devrais faire attention. Tu n'es pas un pervers au moins ?
- Je ne crois pas.
Elle s'approcha de moi, choisit en prenant son temps une chaise pas trop sale dans la pile, l'inspecta soigneusement avant de la poser par terre et de s'asseoir dessus."

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Extrait de "Le chat, son maître et ses deux maîtresses" de Junichirô Tanizaki

" Ce n'est qu'une bestiole, mais quelle sensibilité dans ce regard ! se dit Shozo. C'était un mystère en effet, car ces yeux brillant durement dans la pénombre du placard n'étaient plus ceux d'un malicieux chaton, ils étaient devenus à l'instant ceux d'une vraie femelle, débordant d'une coquetterie, d'un érotisme et d'une mélancolie ineffables. Shozo n'avait jamais assisté à un accouchement, mais il imagina qu'une jeune et belle femme appellerait sûrement son mari avec ces mêmes yeux pleins de langueur et de reproches. Maintes fois il referma la cloison et fit mine de s'éloigner, vainement, car il revenait sur ses pas pour voir Lily dresser la tête hors de sa caisse et lui rendre son regard comme une enfant jouant à cache-cache.
Et plus d'une décennie s'était écoulée depuis lors. Comme il y avait seulement quatre ans que Shozo avait épousé Shinako, pendant six longues années il avait vécu à l'étage de la maison d'Ashiya en compagnie de la chatte si l'on excepte la présence de sa mère. C'est pourquoi chaque fois qu'il entendait un ignorant prétendre que les chats sont moins fidèles que les chiens, moins aimables, ou plus égoïstes, il se disait en son for intérieur que quiconque n'avait pas durablement partagé comme lui la vie d'un chat ne peut rien comprendre à leur charme. Car les chats ont tous une nature plus ou moins réservée et devant des tiers ne se montrent jamais tendres à l'égard de leur maître, mieux encore font exprès de se comporter avec une extrême indifférence. Ainsi Lily feignait, en présence de la mère, de ne pas entendre les appels de Shozo, voire s'enfuyait ; mais lorsqu'ils étaient en tête à tête, elle venait sur ses genoux pour lui faire plaisir, sans même y avoir été conviée. Souvent, elle appuyait son front contre le visage de Shozo pour le repousser énergiquement, tout en le léchant partout avec la pointe de sa langue râpeuse, sur les joues, le menton, le bout du nez, le pourtour de la bouche et ainsi de suite. Elle se chargeait aussi de le réveiller au matin en lui pourléchant la figure, après avoir dormi, comme toujours, à ses côtés. Et, dès les premiers froids, elle s'introduisait sous le futon en passant par l'oreiller, expérimentant toutes sortes de postures jusqu'à trouver un interstice confortable, se glissant contre la poitrine, entre les cuisses, essayant le dos, et quand enfin elle se tenait tranquille, c'était pour changer de place ou de position au moindre désagrément. Selon toute apparence, ce qui lui convenait le mieux était de dormir face à Shozo, la tête posée sur son épaule et le museau collé à sa poitrine, mais dès qu'il faisait mine de bouger, le dispositif ne lui agréait plus, elle gigotait ou se mettait à la recherche d'une autre niche. Aussi Shozo se devait-il, lorsqu'il recevait sa visite, de dormir sagement en remuant le moins possible, un bras tendu en guise d'oreiller. Auquel cas, de l'autre main il lui chatouillait le cou - caresse favorite des chats -, et Lily ronronnait sur-le-champ, avant de mordiller ses doigts, de le griffer ou de baver, car tel était son comportement quand elle était excitée."

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Extrait de "Le chat qui venait du ciel" de Takashi Hiraide

"J'ai aménagé une ouverture en sorte qu'aucun autre chat que Chibi ne puisse passer.
Sous la fenêtre qui troue le mur au sud court tout du long une petite galerie en verre dépoli de quarante centimètres de haut, destinée à jeter la poussière à l'extérieur. En maintenant ouvert le battant sur sept centimètres, cela créerait un courant d'air qui seul guiderait Chibi depuis cette extrémité. Pour éviter que l'air froid ne pénètre ou encore les insectes, j'ai laissé pendre un morceau d'épaisse cotonnade bleu indigo ornée de motifs de fleurs.
Dans un coin de la pièce de tatamis qui est bordée sur un côté par une partie planchéiée, j'ai disposé un carton qui avait contenu des mandarines et j'en ai fait sa chambre particulière. J'ai étalé au fond un tissu en éponge et posé une assiette pour la nourriture. A côté du carton, j'ai mis une soucoupe de lait.
Un jour, Chibi se présenta juste après que le carton avait été transporté dans une autre pièce pour qu'on puisse faire le ménage. Quand il s'aperçut que la boîte ne se trouvait pas à sa place habituelle, il demeura perplexe et finit par rester le derrière posé par terre, les pattes bien droites.
Il arrivait que son collier rouge devint mauve. Nous ignorions quelle couleur il arborerait quand il ferait son apparition du jour. de son côté, Chibi semblait admettre d'être choyé d'égale manière par les habitants d'une maison qui ne pouvaient pas se permettre de lui changer son collier.
Une fois, lorsque Chibi se présenta, il se trouva que deux rédacteurs étaient par hasard venus me voir. Conscient de leur présence, comme pour bien montrer qu'il était choyé chez nous, il se mit à tourner plusieurs fois autour de ma femme qui se tenait debout, lui frôlant les jambes.
Un après-midi après l'équinoxe de printemps, Chibi revint en tenant un moineau entre les dents. Le poil dressé, il ronronnait, faisait exprès de courir avec bruit d'un bout à l'autre du pavillon. Le corps aplati puis redressé, en position de combat, il frémissait d'excitation. Je connaissais cette habitude qu'ont les chats de venir présenter à leur maître la proie qu'ils ont chassée, mais la façon dont Chibi parcourut la maison en tous sens sans cesser de ronronner, plusieurs fois, semblait indiquer que c'était au pavillon lui-même qu'il voulait la montrer. Puis il partit dans le grand jardin, à un endroit où poussait du colza, et joua avec l'infortuné moineau jusqu'à ce que celui-ci cesse de remuer.
"Si je ne prends pas Chibi dans mes bras, commença ma femme après avoir enterré l'oiseau, c'est parce que je suis contente quand les bêtes font ce qui leur plaît."
En avril, on voyait voler presque au ras du sol une multitude de ces minuscules papillons qui ressemblent à des coquillages, bleu cendré, si bas que l'on avait l'impression qu'en marchant on les aurait foulés aux pieds.
Les animaux, les chats par exemple, ont chacun leur caractère, ce qui est plus intéressant que de les mettre tous à la même enseigne. C'est ça qui est remarquable, a-t-elle ajouté.
"Pour moi, Chibi est un ami qui me comprend, un ami qui a l'apparence d'un chat."
Et l'observation exempte de sentimentalité est la meilleure façon d'aimer. elle m'apprit que c'était une maxime énoncée par quelque penseur. Apparemment, ma femme notait sur un grand cahier les faits et gestes de Chibi au jour le jour."

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J'ai tourné quelques vidéos à Nekobukuro. J'aurais pu faire un montage, mais je ne maîtrise pas trop la technique et surtout je n'ai pas tellement de temps en ce moment.

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Photos prises à Tokyo, Kyoto, Nagasaki, Takayama,Kamakura, Osaka, Tomo no Ura ...