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Fuseau, dent en or, gants, pinceaux chaussures de montagne, fouet mécanique, attelle, berceau … Je tentai de répertorier l’un après l’autre les objets qui se trouvaient là, mais ne trouvai aucune chronologie. Cela ne fit qu’augmenter ma confusion.

- Ce sont des souvenirs, me fit remarquer la vieille dame. Tous hérités des gens du village.

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Sa voix était beaucoup plus proche que lorsque nous étions dans la bibliothèque.

- Je voudrais que vous organisiez un musée pour les exposer et les conserver.

A ce moment-là enfin je découvris la véritable cause de ce qui m’agaçait les nerfs depuis un moment. Elle n’avait pas le chapeau de laine qu’elle coiffait d’habitude. Et entre le peu de cheveux blancs qui lui restaient apparaissaient des oreilles minuscules, bien trop petites compte tenu de la taille de son corps. Elles étaient collées de chaque côté de sa tête comme des feuilles mortes écrasées. Informes, elles ne faisaient que souligner le trou de l’oreille.

- Il y en a vraiment beaucoup … éludai-je avec lenteur pour éviter d’avoir conscience de la présence de ses oreilles.

- J’ai commencé à les rassembler à l’automne de mes onze ans. C’est une collection qui a une longue histoire. En plus, elle est destinée à se poursuivre encore longtemps.

Elle était adroitement soutenue par la jeune fille qui avait posé la main droite sur son épaule, la gauche sur ses hanches. Elle avait l’air de savoir exactement où ajouter de la solidité, et en quelle quantité. Elles se soutenaient comme si elles faisaient partie l’une de l’autre.

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- J’ai décidé, chaque fois que quelqu’un meurt au village, de me procurer l’objet qui caractérise au mieux la personne. Comme vous avez pu le voir, c’est un endroit insignifiant où l’on ne meurt pas tous les jours. Mais cette collection est une affaire sérieuse. Je l’ai compris dès que je l’ai commencée. C’était peut-être trop lourd pour une enfant de onze ans. Mais j’ai persévéré toutes ces années. Tout d’abord, la première cause de difficulté était que j ne me satisfaisait pas d’objets ordinaires. Je ne pouvais même pas tricher en rassemblant des objets de pacotille, tel qu’un kimono porté une ou deux fois, un bijou rangé dans un tiroir ou une paire de lunettes réalisée trois jours avant de mourir. Vous voyez, je cherche l’objet qui soit la preuve la plus vivante et la plus fidèle de l’existence physique de la personne. Ou alors, quelque chose empêchant éternellement l’accomplissement de la mort qui fait s’écrouler à la base cet empilement si précieux des années de vie. Cela n’a rien à voir avec le sentimentalisme contenu dans le souvenir. Et bien sûr, tout enjeu financier en est exclu.

Extrait du musée du silence de Yoko OGAWA

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Visite de la maison classée Kusakabe, maison de marchands de Takayama, située près de la maison Yoshijima dont je vous avais parlé il y a quelques temps, notamment pour son architecture spécifique à la région de Hida.  La maison Kusakabe expose des objets anciens de cette région.

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(Photos prises à Takayama en juillet 2008)

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Merci de votre visite !!

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