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Autoportrait de Takeshi Kitano

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Ces jours-ci, on ne parle que de lui ; rédacteur en chef de Libération, commandeur des arts et lettres, réalisateur (et comédien) d'Achille et la Tortue, peintre vedette à la fondation Cartier, etc ... Takeshi Kitano, chouchou des spectateurs et critiques étrangers, est sur tous les fronts.

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Je l'ai découvert il y a quelques années dans Battle Royale. Je ne connaissais pas encore le Japon, très peu le cinéma japonais et encore moins la littérature nippone.

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Et puis j'ai vu Sonatine, Jugatsu, Dolls, Hana-Bi, l'Eté de Kikujiro (les deux derniers sont mes préférés) et je suis tombée sous le charme de cet acteur déjanté, avec  sa gueule de dur, ses airs de yakusa. Enfin, c'est surtout là où je voulais en venir, j'ai lu son autobiographie "Asakusa Kid" où il raconte ses débuts de comédien.

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Errant dans les rues de Tokyo, désoeuvré, le jeune Takeshi Kitano décide qu'un jour il sera acteur comique.
Pour y parvenir, une seule direction : Asakusa, le quartier des théâtres, des boites de strip-tease et des yakusa.
Il y rencontre le célèbre acteur Senzaburo Fukami qui deviendra son maître. Entre deux numéros d'effeuillage, Kitano joue ses premiers sketches comiques. Avec deux autres jeunes acteurs, il découvre le style dialogué qui fera son succès, le manzaï, style qu'il marquera par ses outrances de langage, alors inimaginables au Japon.
Dans Asakusa Kid, Kitano évoque ses premiers pas de comique dans ce quartier anti-conventionnel avec une telle profusion de détails qu'on pourrait l'arpenter de nos jours le livre à la main et pratiquement retrouver les rues, les établissements, l'ambiance  ...
Tour ce qui gravite autour du Français (boite où il fit ses débuts), caissière ou danseuse nue, régisseur ou comédien, travesti ou clochard amoureux d'une geisha ... forme un petit monde qui rêve d'égaler en notoriété les artistes sont le souvenir hante toujours Asakusa.
Largement émaillé d'argot, le récit de Kitano raconte, avec de croustillantes anecdotes, comment il apprend le métier de fantaisiste pour interpréter des sketches destinés à s'intercaler entre les numéros de strip-tease. Sketches dont la trame souvent vulgaire, voire scatologique, provoque des tempêtes de rire parmi le public japonais.
Mais c'est avant tout un hommage chargé d'émotions contenues que Takeshi Kitano, souvent comparé à Quentin Tarentino, rend ici au maître à qui il doit tout son savoir, sa carrière atypique et finalement l'immense notoriété qui est la sienne aujourd'hui.

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"L'allure de Maîre Fukami en kimono de bain et chaussé de sandales, les cheveux teints en noir tout brillants de gomina, marchant lentement, les mains glissées dans sa ceinture, dans le sixième et les rues de Hisago, tout cela avait un certain panache et quelque chose de poétique : celui qui marchait ainsi dans Asakusa régnait sur le quartier, reconnu par tous.
Quoiqu'il en soit, depuis qu'il était parti, encore adolescent de son village natal de Karafuto, dans l'extrême nord de l'archipel, pour s'installer à Tokyo auprès d'une geisha d'Asakusa fort connue en son temps comme chanteuse sous le nom de Michi Yakko, il n'avait jamais quitté ce secteur.
D'ailleurs il aurait été bien incapable de prendre le train de la ligne Yamanote qui fait le tour de la capitale. En revanche, c'était une telle personnalité dans le quartier que, partout où il allait, on lui donnait du "Maître" ! "Maître", jusqu'aux yakusa du territoire qui le craignaient. Et nous, qui le suivions pas à pas, avions l'air de miséreux : moi avec mon aspect pitoyable, toujours aussi pauvre et Inoué, malingre comme un melon qui aurait poussé sans soleil.
Comme il était le seul client à se faire appeler "Maître" dans chaque établissement où il entrait, Fukami était toujours de bonne humeur. D'autant que, ces temps-ci, deux gardes, même l'air misérable, l'accompagnaient".

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Après avoir connu plus ou moins de succès avec ses partenaires aussi fantasques qu'alcooliques, Kitano monte un numéro de duettiste de manzaï (sorte de comique satirique typiquement japonais basé sur l'improvisation verbale et la pantomine) nommé Two Beats avec lequel il connaîtra le succès. Il quitte Le Français pour une autre salle de spectacles d'Asakusa et commence à occuper les émissions de radio et de télévision où il connaîtra son renom de star comique des années 80 au Japon.
A la suite d'une rencontre avec le réalisateur Oshima Nagise, Kitano décide de se tourner vers le cinéma et l'écriture, autant de moyens qui lui permettent notamment d'exercer son sens critique à l'égard de la société japonaise.
Il connaît depuis un succès incontesté, récompensé notamment par un Lion d'Or à Venise pour son film Hana-Bi où il montre également ses talents de peintre.

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Le quartier d'Asakusa, tel qu'il devait être du temps où Takeshi Kitano faisait le pitre au Français ... (photos prises en mai 2009)

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* aishiteimasu, je vous aime en japonais, M. Kitano ...

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