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Le rêve : connaître une langue étrangère (étrange) et cependant ne pas la comprendre : percevoir en elle la différence, sans que cette différence soit jamais récupérée par la socialité superficielle du langage, communication ou vulgarité ; connaître, réfractées positivement dans une langue nouvelle, les impossibilités de la nôtre ; apprendre la systématique et l'inconcevable ; défaire notre "réel" sous l'effet d'autres découpages, d'autres syntaxes ; découvrir des positions inouïes du sujet dans l'énonciation, déplacer sa topologie ; en un mot, descendre dans l'intraduisible, en éprouver la secousse sans jamais l'amortir, jusqu'à ce qu'en nous tout l'Occident s'ébranle et que vacillent les droits de la langue paternelle, celle qui nous vient de nos pères et qui nous fait à notre tour, pères et propriétaires d'une culture que précisément l'histoire transforme en "nature".

Extrait de l'Empire des signes de Roland BARTHES
Photos prises à Ueno (Tokyo) en mai 2009




Enfant, j'aimais à m'inventer des langues que moi seule comprenais ; inversement, j'aimais aussi écouter des langues que je ne comprenais pas. Adulte, je n'invente plus de langue, mais j'aime toujours écouter une langue étrangère inconnue - comme le japonais - même si quelques mots me sont maintenant devenus familiers.
Etrangement, j'ai besoin de cette incompréhension pour me sentir totalement dépaysée, pour m'évader, retrouver une certaine sérénité. Quitte à paraître encore plus saugrenue, je regarde aussi des films japonais non sous-titrés, d'Ozu notamment ... pas plus tard qu'hier d'ailleurs j'ai regardé Still Walking le magnifique film de Kore-Eda Hirokazuen dans sa
version originale. Les attitudes, les expressions et les silences en disent souvent bien plus long que de grands discours ... non ?
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