xx

きぬ

xx

DSCN1028b

xx

Quand il se réveilla, il vit autour de lui le village qui s'apprêtait à se remettre en route. Il n'y avait plus les tentes. La chaise à porteurs était encore là, ouverte. Les gens montaient dans les chariots, en silence. Il se leva, regarda longuement autour de lui, mais les yeux qui croisaient les siens avaient tous une forme orientale, et se baissaient aussitôt. Il vit des hommes armés, et des enfants qui ne pleuraient pas. Il vit les visages muets qu'ont les gens quand ils sont en fuite. Et il vit un arbre, au bord de la route. Et accroché à une branche, pendu, le garçon qui l'avait amené jusque-là.

DSCN1031

 

Hervé Joncour s'approcha, et resta là un moment, à le regarder comme hypnotisé. Puis il dénoua la corde attachée à l'arbre, recueillit le corps du jeune garçon, l'étendit sur le sol et s'agenouilla près de lui. Il n'arrivait pas à détacher ses yeux de ce visage C'est ainsi qu'il ne vit pas le village se remettre en chemin mais entendit seulement, comme de très loin, le bruit de cette procession qui le frôlait, remontant la route. Il ne leva pas les yeux, même quand il entendit la vois d'Hara Kei, à deux pas de lui, qui disait :

- Le Japon est un très ancien pays, le saviez-vous ? Sa loi est très ancienne : elle dit qu'il existe douze crimes pour lesquels il est permis de condamner un homme à mort. Et l'un de ces crimes est d'accepter de porter un message d'amour pour sa maîtresse.

Hervé Joncour ne quitta pas des yeux le visage du jeune garçon tué.

- Il ne portait aucun message d'amour.

- C'est lui qui était un message d'amour.

Hervé Joncour sentit quelque chose appuyer contre sa nuque, et lui faire courber la tête vers le sol.

C'est un fusil, Français. Je vous demande de ne pas lever les yeux.

DSCN0959

Hervé Joncour ne comprit pas tout de suite. Puis il entendit, dans le bruissement de cette procession en fuite, le son doré de mille clochettes minuscules qui se rapprochaient, petit à petit, et bien qu'il n'eût devant les yeux que cette terre noire, il l'imaginait, cette chaise à porteurs, oscillant comme un pendule, il la voyait presque remonter le chemin, mètre par mètre, se rapprocher, lente mais implacable, portée par ces sons qui deviennent de plus en plus forts, et de plus en plus proches, proches à le frôler, un vacarme doré, là, devant lui, exactement devant lui maintenant - à cet instant précis - devant lui.

Herve Joncour releva la tête.

DSCN1032

Des étoffes merveilleuses, des tissus de soie, tout autour de la chaise à porteurs, mille couleurs, orange, blanc, ocre, argent, pas la moindre ouverture dans ce nid magnifique,  juste le bruissement de ces couleurs ondoyant dans l'air, impénétrables, plus légères que rien.

Hervé Joncour n'entendit pas une explosion faucher sa vie. Il sentit le canon du fusil s'écarter, et la voix d'Hara Kei dire doucement :

- Allez-vous-en, Français. Et ne revenez plus jamais.

DSCN1035

Alessandro BARICCO

SOIE

DSCN0932

XX

DSCN0933

xx

DSCN0950

xx

DSCN1033

xx

DSCN1046

xx

DSCN0962

xx

DSCN1023

xx

DSCN1038

xx

DSCN1024

xx

DSCN0966

xx

DSCN1039

xx

DSCN1034

xx

DSCN1042

xx

DSCN0964

xx

DSCN1043

xx

DSCN1036

xx

Photos prises à Kyoto en octobre 2009

xx

rouleau_tiss__sc_nes_dit_du_Genji_or_platine_soie_d_but_20__s

Soies - collections du musée Guimet

yamaguchi_itaro

Rouleaux tissés or, platine et soie
Scènes du Dit du Genji
Yamaguchi Itaro (début du 20ème siècle)

3_jeunes_femmes_sous_les__rables_rouges_Shunman_Kubo_1781

Trois femmes sous les érables rouges de Shunman Kubo

Chuken_costume_th__tre_N__fils_d_or_et_soie_19__s

Chuken, costume du théâtre Nô
Fils d'or et soie (19ème siècle)

paravent___d_cor_de_kimonos_vers_1650

Paravent à décor de kimonos (vers 1650)

Robe_Noh_motifs_narcisses_et_feuilles_de_murier_Edo_borcart_fil_m_tal_soie

Robe Noh à motifs de narcisses et feuilles de murier
Fils de métal et soie (époque Edo)

kimono__poque_Edo_1603_1868

Kimono de l'époque Edo (1603)

robe_karaori_brocart_de_soie_p_riode_Edo

Robe Kaori en brocart de soie de l'époque Edo

xx

Passez de belles fêtes de Noël !!!!

Dewa mata ...

xx