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Alors qu'au XVIIème siècle Edo se développait comme un nouveau centre du shogunat des Tokugawa (1615-1868) et construisait des édifices somptueux jusqu'à l'excès pour démontrer le pouvoir de la classe militaire, Kyoto continuait d'être le foyer de la culture traditionnelle, caractérisée par la sobriété et l'élégance de l'architecture. L'exemple par excellence de celle-ci, qui influença profondément les architectes occidentaux du XXème siècle, est la villa impériale de Katsura, appelée aussi Katsura Rikyu, qu'étudia notamment l'architecte allemand Bruno Taut (1880-1938).
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Le prince Hachijô Toshihito (1579-1629), lettré raffiné, en entreprit la construction en 1620, sur un terrain propriété des Fujiwara, et son fils Toshitada (1619-1662) l'agrandit en 1642.
La beauté de la villa impériale Katsura tient non seulement à sa simplicité dépouillée - dans son architecture comme dans sa décoration et ses coloris - mais aussi à son harmonieuse insertion dans le cadre naturel.
Les édifices (shoin) qui la composent sont élevés sur de hauts et fins pilotis de bois, ce qui leur confère davantage de légèreté et ils sont disposés "en formation d'oies en vol", leurs façades principales étant parallèles entre elles, comme dans le château de Nijo. Il n'y a ni frises extérieures ni sculptures, et la couleur sombre du bois, qui contraste avec le blanc des shoji (portes et fenêtres coulissantes), apporte à l'ensemble une touche supplémentaire d'élégance et de sobriété.

Le Japon de Rossella MENEGAZZO


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"Il règne un calme extraordinaire dans les pièces lorsque les portes-fenêtres tendues de papier sont fermées ; une fois ouvertes, le tableau du jardin fait soudain irruption." Bruno TAUT
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Bruno Taut a dit de cette propriété "A Katsura, les yeux pensent."

Il était impressionné par la simplicité de ses bâtiments, son apparent manque d'ornementation, ses proportions justes, sa parfait intégration dans le jardin qui lui sert d'écrin.

Outre la villa principale, le jardin abrite des pavillons de thé, situés à l'opposé de la villa.

La création de pavillons de thé indépendants de la maison d'habitation voit le jour à cette époque (17éme siècle) et influencera grandement l'architecture civile qui prendra le nom de sukiya "bâtiment de goût choisi".



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Fascinés par la rigueur géométrique de ses intérieurs, les architectes du Bauhaus et Le Corbusier y voyaient un manifeste de la modernité avant l'heure.
La forme et les dimensions des pièces japonaises pouvaient être souplement modifiées selon les besoins, en fermant ou ouvrant les fusuma (panneaux ou cloisons coulissants intérieurs), tandis que la lumière était filtrée et dirigée par l'ouverture des shôji (portes et fenêtres coulissantes tendues de papier translucide).

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Comme nous passions devant une propriété qui devait être la villa de quelque riche famille, un son de koto, de shamisen et de kokyû nous parvint à travers d'épaisses frondaisons. Mon père s'attarda quelques instants devant le portail, l'oreille tendue, puis, poussé par quelque soudaine inspiration, se mit à longer le mur entourant cette vaste propriété, tandis que je lui emboîtais le pas. Les timbres des shamisen et des koto se faisaient plus distincts, on entendait maintenant un faible bruit de voix humaines, ce qui signifiait que nous approchions d'un jardin aménagé derrière la villa. A cet endroit le mur laissant place à une haie vive, mon père chercha un emplacement où celle-ci serait moins épaisse pour regarder au travers. Il restait là, je ne savais pourquoi, immobile, sans repartir, et je l'imitai en approchant à mon tour le visage d'un interstice entre les feuilles. C'était un grand jardin avec des pelouses et des collines artificielles où l'on avait creusé un bassin, au-dessus duquel s'avançait une véranda tapissée de nattes de paille, au plancher surélevé comme les anciens pavillons sur l'eau et entouré d'une balustrade ; cinq ou six personnes, hommes et femmes, y tenaient un banquet ; de nombreux plateaux à offrandes étaient disposés près de la balustrade, ainsi que du saké et de la lumière ; les épis de miscanthe et les branches de lespédèze dans les vases indiquaient que la soirée était consacrée à la contemplation de la lune. Une femme, assise à la place d'honneur, jouait du koto,shimada, et qui semblait une dame de compagnie, tenait le shamisen. Il y avait en outre un homme, artiste aveugle ou maître de quelque discipline artistique, qui jouait du kokyû. De l'endroit d'où nous les observions, il était impossible de voir en détail ces personnages, mais sur le côté qui nous faisait face était dressé un paravent doré, devant lequel une autre jeune femme, elle aussi coiffée dans le style shimada, dansait, en agitant son éventail, de telle sorte que si nous ne distinguions pas les traits de son visage, nous suivions parfaitement tous ses mouvements. Soit que l'électricité n'y fût pas encore installée à cette époque, soit qu'on l'eût voulu ainsi pour ajouter à l'atmosphère du moment, la véranda était éclairée par des chandeliers dont les flammes ne cessaient de vaciller en se reflétant sur le bois poli des piliers et de la balustrade, ainsi que sur l'or du paravent. La lune éclairait fortement le bassin, au bord duquel était amarrée une barque : l'eau en devait être captée dans l'étang d'Ogura, et cette barque permettait sans doute de sortir directement dans celui-ci. Bientôt la danse s'acheva et les dames de compagnie apportèrent les flacons de saké et servirent les convives. Pour autant que nous pouvions en juger à leurs manières pleines de déférence, il apparaissait que la joueuse de koto était leur maîtresse, tandis que les autres membres du groupe étaient là pour lui tenir compagnie. La scène se déroulait il y a plus de quarante ans ; à cette époque, dans les vieilles maisons de Kyoto ou d'Osaka, les femmes de chambre étaient vêtues comme des servantes du palais, et outre les bonnes manières, leurs maîtres, s'ils se piquaient d'avoir du goût, leur faisaient également enseigner divers arts d'agrément. tandis qu'une autre, les cheveux coiffés dans le style

Junichirô TANIZAKI
Le coupeur de roseaux

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