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S'il fallait justifier mon quatrième séjour à Kyoto, je dirais qu'il était impensable de continuer à parler des jardins de Kyoto sur ce blog sans avoir vu au moins une fois les jardins de la villa Katsura !

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Construite en 1620 par le prince impérial Hachijo no Miya Toshihito, la propriété fut ensuite agrandie par son fils Toshitada. Son jardin somptueux est célèbre pour la manière dont ses allées et ses pierres plates organisent le parcours du visiteur, lui permettant ainsi de savourer une succession de perspectives ingénieusement planifiées. Nombre des décors du jardin se réfèrent à des sites célèbres du Japon et à des lieux mentionnés dans les oeuvres classiques japonaises et chinoises.

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Le grand étang, dont l'eau provient de la rivière Katsura, a été creusé pour accueillir de petits bateaux. Ces jardins sont l'oeuvre du grand paysagiste Kobori Enshu qui s'est inspiré d'une passage du "Dit du Genji". La tradition veut que Katsura soit le meilleur endroit de Kyoto pour admirer la pleine lune. Cela provient d'une légende chinoise selon laquelle un arbre de Judée (en japonais Katsura) serait planté sur la lune.

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Jardin de prince ou jardin de moine

Les jardins japonais ont deux missions. La première ? Distraire les princes et les empereurs qui, au fil des siècles, eurent de moins en moins de pouvoir, les shoguns s'emparant avec poigne des affaires tant politiques que militaires. L'aristocratie, frustrée, se mit à déployer un art de préciosité, que l'on retrouve dans les jardins comme dans le rituel de la cérémonie du thé ... où la porte d'entrée des pavillons est petite et basse, pour obliger notamment les militaires à se baisser (humilité) et à déposer les armes. Les jardins princiers, souvent caprices de nobles comme la villa Katsura, sont de contemplation et de promenade. Ils distillent des perspectives inattendues au gré de la déambulation. Leurs créateurs ont eu l'idée d'étendre les perspectives aux collines environnantes car sur cette terre volcanique, le terrain cultivable se fait rare. Ainsi, certains espaces, plutôt menus, ne se laissent pas deviner au premier abord.

La Libre Essentielle
Jardins japonais

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A la saison d'automne, il avait fait faire une lande de toute la surface du jardin devant le passage couvert de l'ouest, le long de la face orientale du mur intérieur. Les aménagements que nécessitait la voie choisie par la Princesse, tablettes à offrandes et autres, étaient du plus haut goût. De celles qui avaient souhaité devenir ses disciples, nonnes, nourrices ou vieilles suivantes, ce qui allait de soi, mais certaines aussi dans la fleur de l'âge, elle avait choisi celles-là seulement dont la ferme résolution permettait de croire qu'elles persisteraient dans cette voie. Dans l'enthousiasme de l'heure, chacune voulait en être et elles se disputaient le pas, mais quand Monseigneur le sut :
- Cela ne se peut, dit-il. Si des personnes sans conviction sincère, même en petit nombre, s'y trouvaient mêlées, elles seraient une gêne pour leurs compagnes et leur vaudraient un renom de légèreté.
Ainsi les mit-il en garde, et une dizaine d'entre elles seulement prirent l'habit religieux pour la servir.
Dans cette lande, il avait fait lâcher des insectes ; un soir au crépuscule, à l'heure où le vent donne un peu de fraîcheur, il s'était rendu chez elle sous le prétexte qu'il voulait entendre leur chant, et comme il l'importunait de discours qui montraient qu'il ne s'était point résigné encore, elle n'en ressentait que de l'agacement estimant que ses façons étaient décidément inconvenantes ...
L'Impératrice disait qu'elle aimait pareillement le chant de tous les insectes de l'automne, mais que le grillon des pins cependant l'emportait sur les autres, et elle en faisait rechercher par les landes lointaines, qu'elles relâchait en son jardin ; il en était peu toutefois qui chantassent assez longtemps pour que l'on pût les distinguer clairement. Contrairement à ce que laisse entendre son nom, ce doit être en effet un insecte dont la vie est précaire. De plus, il ne chante à coeur joie qu'au fond des montagnes ou dans les pinèdes des campagnes écartées où l'homme ne les entend, car c'est un insecte qui garde ses distances. Le grillon-grelot par contre est d'humeur facile et enjouée, ce qui fait son charme, dit-il, et la Princesse :

               
De toutes les saisons
               automne je le sais bien
               est la plus cruelle
               mais bon gré mal gré j'écoute
               le chant du grillon-grelot

murmura-t-elle, et elle avait ce disant un charme natif et fort grand air.

Murasaki Shikibu
Le Dit du Genji

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Pour en finir avec ces somptueux jardins de la villa Katsura (je vous parlerai de la villa et des bâtiments un peu plus tard ...), j'ai lu que Muriel Barbery, l'auteure de L'élégance du hérisson, devrait sortir un troisième roman où il sera question de jardins japonais. "Je ne sais encore ni dans quelle mesure, ni de quelle manière mais cette certitude s'ancre dans une expérience vécue au printemps 2006 dans les jardins de la villa impériale Katsura à Kyoto - une expérience émotionnellement et esthétiquement si intense que je n'ai de cesse, depuis, de revenir au Japon et d'y rester suffisamment longtemps pour pouvoir contempler les jardins au fil des saison" a-t-elle précisé. Comme je la comprends ...

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Merci de votre visite !

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