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Les bannières à l'entrée du stade Ryôgoku Kokugikan sont hissées pour le grand tournoi annuel de mai. La fédération de sumô organise six tournois (o-zumô) par an, de quinze jours chacun : trois à Tokyô (en janvier, mai et septembre), les trois autres à Osaka (en mars), Nagoya (en juillet) et Fukukuoka (en novembre). Le grand rendez-vous des sumôtori est celui du Ryôgoku Kokugikan de Tokyô.
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Le tournoi est très largement retransmis par les chaînes locales et nationales. Ici, une vue d'ensemble du Kokujikan
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Les écuries de sumô (beya) sont installées près du stade ce qui permet aux lutteurs de sumô d'arriver à pied, simplement vêtus d'un yukata (kimono de coton léger) et de geta (sandales de bois).

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Vers l'âge de 15 ans, les jeunes garçons sont acceptés dans une beya et quittent leur famille. Sélectionnés pour leur force et leur taille, les lutteurs (rikishi) sont soumis à un entraînement intensif et à une discipline de vie spartiate. La société du sumô est extrêmement hiérarchisée : les nouveaux venues servent les lutteurs aînés, nettoient et font la cuisine pour toute l'écurie. Leur entraînement peut commencer dès 4 heures du matin, les plus anciens arrivant à 6 heures. Cette vie exténuante se déroule au sein d'une société et d'une culture que peu d'étrangers ont pu pénétrer.

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Le plat des lutteurs de sumô : le chanko nabe, un ragoût abondant et très calorique : 3 kg de poisson, 2 poulets entiers, 2 kg de viande de boeuf, 12 oeufs, 2 kg de fèves ...

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La plupart des lutteurs de sumô adultes pèsent entre 110 et 150 kg. Mais ce ne sont pas tous des montagnes de chair, certains, même des champions, ne peuvent peser que 90 kg ...

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"Apprendre est agréable. Désapprendre l'est moins. Devenu aspirant sumô, je mesurais combien les apparences étaient trompeuses. Depuis que j'étais entré à l'école de Shomintsu - certains disent l'écurie de Shomintsu - une des plus renommées parmi la cinquantaine existant au Japon, je ne cessais de crever mes illusions.
Première fausse idée : manger vous engraisse. Logique non ? Un veau, il s'empâte dès qu'on le gave ; un sac, il s'enfle de ce qu'on dépose en lui ; moi pas ! Moins qu'un sac, moins qu'un veau. J'avais beau me lever à trois heures pour avaler douze oeufs durs avant de me rendormir, puis enchaîner à partir de cinq heures six repas au cours de la journée, six collations qui mêlaient riz gluant, soupes riches, viande rouge, poissons gras, je ne parvins, en quelques mois, qu'à avoir l'air normal, remplumé : si je cessai d'avoir la peau agrippée aux os ou les articulations trop anguleuses, je conservai ma taille de pantalon, je n'épaissis pas. Constamment nauséeux, fatigué par une digestion sans répit, j'étais dégoûté, dégoûté de moi, dégoûté de la nourriture. Au début, j'attribuai mon échec au fait que je vomissais ; cependant, après trois mois, ma technique d'absorption s'améliora, je sus enfin, lors d'un écoeurement, m'allonger sur le dos en respirant avec précaution pour contraindre mon estomac plein à digérer ; néanmoins la balance n'obéit pas à mes progrès, n'oscillant que d'une centaine de grammes. Je me sentis maudit ! Shomintsu m'expliqua alors que, dans mon cas, la bonne manière de forcir n'était pas de consommer mais de dépenser : je devais intensifier le sport, amorcer un programme de musculation.
Deuxième idée fausse : il suffit de vouloir pour pouvoir. Lorsque Shomintsu établit la liste de mes exercices avec les poids et les haltères, je me convainquis que j'y arriverais puisque je le voulais. Or mon esprit me joua mille coups tordus qui m'empêchèrent d'atteindre mon but, m'offrant toujours une bonne raison de différer l'entraînement, la fatigue, les maux de ventre, une douleur au coude, un coup de blues, une remarque qui m'avait déplu, une blessure reçue en combattant. Plus je persistais dans mon idée de devenir champion, plus j'apparaissais incapable d'accomplir ma volonté ; celle-ci s'avérait faible, minoritaire, dominée par des instances plus puissantes qu'elle, mes humeurs, ma déprime, ma lassitude, mes limites physiques. Ma volonté ne dirigeait pas le navire, elle restait un marin enfermé dans la cale sont personne n'écoutait les avis.
Troisième fausse idée : Shomintsu devait, selon moi, appartenir à la religion shinto comme la plupart des sumô depuis mille ans. En réalité, Shomintsu suivait la voix du bouddhisme zen. Il méditait des heures, assis en tailleur et il se rendait à l'occasion dans un jardin zen où il coulait une demi-journée.
Tant de démentis en une année ! Tant de convictions qui s'écroulaient ! Mes repaires glissaient, je marchais dans un cimetière d'idées mortes, parmi les tombes de mes anciennes croyances, ne sachant plus quoi penser.
- Tu penses mal, Jun ! m'avoua Shomintsu un jour en soupirant. D'abord, parce que tu penses trop. Ensuite, parce que tu ne penses pas assez.
- Je ne comprends pas : tu dis blanc et noir ensemble !
- Tu penses trop car tu interposes de la pensée entre le monde et toi ; tu bavardes plutôt que tu n'observes ; tu projettes des idées préconçues davantage que tu ne saisis les phénomènes. Au lieu de regarder la réalité telle qu'elle se présente, tu la vois à travers les lunettes teintées que tu te poses sur le nez ; évidemment, derrière des verres bleus, l'univers est bleu ; derrière des jaunes, le jaune domine ; derrière des rouges, l'écarlate tue les autres couleurs ... C'est toi qui appauvris ta perception parce que tu n'y vois que ce que tu y mets : tes préjugés. Rappelle-toi, lors du premier match de sumô auquel tu as assisté, le temps qu'il t'a fallu pour passer du mépris à l'admiration !"

Le sumô qui ne pouvait pas grossir
Eric-Emmanuel SCHMITT

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A suivre, les combats ... vous n'imaginiez tout de même pas que je ne me suis contentée que des coulisses !

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Merci de votre visite !

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