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"Supposons que cela soit la toute dernière photo.
Il est presque trois heures de l'après-midi et Yamahata va quitter Nagasaki. Un train doit partir de la gare de Michino-o pour évacuer un premier convoi de blessés vers les hôpitaux militaires de la région. Par ce même train - le seul - Yamahata rejoindra son unité de Hakata. Alors, le bout de pellicule qui reste dans le chargeur de son Leica, il se décide enfin à l'employer. Il s'approche d'un tout petit groupe de victimes auxquelles un médecin et quelques infirmières prodiguent les premiers soins.

Une mère allaite son enfant : une très jeune femme dans la splendeur de sa toute récente maternité, le torse blanc brillant entre les pans écartés de sa robe, un sein découvert auquel tête la bouche du bébé. Tous deux semblent n'avoir été que légèrement touchés : sur la joue droite de la femme, sur son magnifique visage, s'ouvre simplement la fleur rouge d'une entaille et si l'enfant semble avoir été plus sévèrement blessé au crâne, sa peau ne porte que les traces de brûlures superficielles ; il boit, avec tant d'énergie concentrée, qu'on le dirait obstinément attaché à la vie, protégé comme sa mère au coeur même du cataclysme, épargné, reconstituant avec application les forces nécessaires à une seconde existence recommençant parmi les ruines.
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Nagasaki

Yosuke Yamahata fut le premier à photographier les victimes et les ruines de Nagasaki

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Yamahata connaît son métier. Il sait qu'il ne doit pas laisser passer la chance d'une telle photographie. L'image est toute faite. Il lui reste juste à la prendre. Elle dit tout. Elle est la seule image recevable du désastre. De fait, elle restera la plus célèbre. L'air mélancolique, presque égaré de la jeune femme, le regard dans le vide, exprime un chagrin sans limites, immense au point d'envelopper en lui une détresse aux dimensions de l'univers. Mais le geste immémorial du sein qu'elle donne, l'abandon confiant de l'enfant dans ses bras, l'incompréhensible impression de force qui se dégage des deux corps tendrement serrés l'un contre l'autre, leur intègre et singulière beauté disent plus fort encore le désir entêté de survivre."


Philippe FOREST - Sarinagara

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Le quartier de Teramachi a été épargné par l'épouvantable fureur humaine qui s'abattit, le 9 août 1945, sur la ville de Nagasaki.
C'est là que se trouve le Sofuku-ji, un des quatre temples chinois de la ville, édifié en 1629 pour l'importante population chinoise qui vivait alors à Nagasaki.

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