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En aparté : tu as raison Sylviane de me faire remarquer que tu as eu le temps de faire le tour du quartier, Asakusa en l'occurrence, bien que ce n'en soit qu'une infime partie. Le temps me manque cruellement en ce moment pour animer un peu ce blog et surtout pour vous rendre visite et j'en suis sincèrement désolée. Ceci dit, je vais essayer de me rattraper ...

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et chasser le blues en mettant un peu de bleu sur mes bleus ...

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Pour en revenir au titre de mon message, c'est à Aoyama, un célèbre quartier de Tokyo, que se situe l'histoire du roman d'Haruki Murakami "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil", Aoyama où il a tenu son premier club de jazz.

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Dans ce roman intimiste, empreint de nostalgie, Hajime, le narrateur, se souvient des étapes et des femmes qui ont jalonnées sa vie. Il retrouve, vingt cinq ans après, l'adolescente de douze ans qui lui a fait connaître ses premier émois, Shimamoto-san. Cette dernière ne lui révèle ni sa vie, ni ses relations qui restent mystérieuses aux yeux du narrateur. Hajime, qui semble pourtant avoir tout pour être heureux dans la vie : un métier qu'il aime, une famille, une vie aisée, va être bouleversé par cette rencontre.

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"Désormais il me faudrait tisser des rêves pour quelqu'un d'autre, pas pour moi. C'est ce qui m'était demandé. Je ne savais pas quelle ampleur auraient ces rêves, ces visions. Mais si je devais découvrir un sens quelconque à mon existence, il fallait que je me consacre de toutes mes forces à cette tâche. Peut être ..."

Une très belle histoire d'amour que nous raconte Murakami dans une langue fluide, claire, emplie de sensibilité. Encore un petit bonheur "Murakamien" ...

Force d'attraction ...

"En faisant le bilan de ma vie amoureuse, je me rends compte que les femmes qui m'ont profondément attiré n'étaient pas - à quelques exceptions près - des beautés au sens où on l'entend d'ordinaire. Quand je me promène avec des amis, il arrive que l'un d'eux me fasse remarques : "Dis donc, tu as vu le canon qu'on vient de croiser ?" Mais, chose étrange, même si quelqu'un a attiré mon attention sur elle, je suis incapable de me rappeler à quoi ressemblait la jolie fille en question. Je n'ai jamais été sensible à la beauté des actrices ou des mannequins. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est ainsi. Au début de l'adolescence, pendant cette période où la frontière entre les domaines du rêve et de la réalité est très floue, et où des aspirations diverses exercent un pouvoir extraordinaire sur les êtres, pas une fois je n'ai été séduit par une fille simplement parce qu'elle était jolie.
Mon attirance allait à quelque chose de plus absolu et de plus intérieur qu'une beauté physique quantifiable et mesurable. Tout comme certaines personnes aiment en cachette les orages, les tremblements de terre ou les pannes d'électricité, moi j'aimais les signaux puissants et secrets que le sexe opposé émettait vers moi. Ces signaux, appelons-les "force d'attraction". Que cela nous plaise ou non, cette force a un pouvoir sur les gens, et aspire irrésistiblement deux personnes l'une vers l'autre.
Ou peut-être cette force est-elle comparable à un parfum. Quelle alchimie confère à un parfum un pouvoir de séduction particulier ? Même son créateur serait sans doute incapable de l'expliquer. Cela doit être difficile à analyser scientifiquement. Mais, c'est un fait, certaines combinaisons de senteurs attirent l'autre sexe comme l'odeur des bêtes à la saison du rut. Une senteur donnée aura peut-être un fort attrait pour cinquante personnes sur cent. Une autre plaira aux cinquante personnes restantes. Il existe aussi dans le monde des effluves qui attirent violemment une ou deux personnes sur cent seulement. Cette odeur particulière, je savais la reconnaître d'instinct. Je savais qu'elle m'était fatale. Je pouvais la sentir de très loin. J'avais envie de m'approcher des femmes enveloppées de ce parfum et de leur dire : "Eh, vous savez, moi je comprend. Les autres ne comprennent peut-être pas, mais moi, si."

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En sortant de la gare d'Harajuku, il suffit de suivre la célèbre avenue Omotesando pour rejoindre le quartier d'Aoyama. La balade est aussi agréable en partant de la gare de Shibuya.

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C'est aussi à Aoyama que l'on trouve les plus célèbres couturiers et stylistes installés dans de remarquables bâtiments à taille humaine - ce qui n'est pas toujours le cas à Tokyo - de quoi ravir les amoureux d'architecture et les fashion-victimes, ou les simples amateurs, comme moi ...

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Sans doute l'un des bâtiments les plus spectaculaires et l'un des mieux réussis d'Aoyama, avec ses losanges  de verre convexes : l'immeuble Prada conçu par les architectes Herzog & de Meuron. Il paraît qu'il est encore plus impressionnant de nuit, ce dont je ne doute absolument pas ...

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