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ailleurs ... là-bas ...

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City Glow de Chiho Aoshima

Quelques mots sur Chiho Aoshima, qui illustre ma nouvelle bannière par ailleurs ..

Chiho Aoshima est une jeune artiste japonaise née à Tokyo en 1974. Elève de Takashi Murakami, elle fait partie de la Kaikai Kiki Co Ldt, sorte de factory créée par ce dernier.
Née dans l'univers des mangas et des nouvelles technologies, Chiho Aoshima, comme ses condisciples, associe l'iconographie traditionnelle japonaise à celle de la société contemporaine, créant ainsi un monde de contradiction coloré où la science fiction et les mangas peuvent notamment devenir prétexte à une réflexion écologique ...

Je trouve que son oeuvre illustre bien le texte de l'auteure ci-dessous ...

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"Je me perds dans Tokyo, pachydermique, pléthorique et magique, bric-à-brac de tours dont l'arrogance n'a rien à envier à celle des funestes jumelles new-yorkaises, d'artères encombrées, de paisibles ruelles fleuries, de restaurants, de bars à bière ou à saké que servent des mutants aux cheveux verts ou violets, de Lawson et de Strabucks Coffee. Tokyo où les invités à dîner s'eclipsent le repas à peine avalé, à cause de l'interminable trajet qui les attend. Où pour vous conduire, les chauffeurs de taxi demandent le plan du quartier où vous voulez vous rendre. Des cortèges de vieilles dames prennent le petit déjeuner au "Saint Germain" tandis que des enfants-moineaux (frêles, si frêles!) coiffés de bobs assortis à leurs uniformes sautillent vers leur école sans prendre la peine de me regarder. Ils en voient d'autres dans leurs dessins animés télévisés ! Sur les façades, à hauteur de ciel, les affiches au néon vociférant dans leur langue, somptueuse et hermétique, vous aveuglent de leurs cris sitôt la tombée du soleil.

Pourtant, on me tendrait un fil d'Ariane pour me retrouver dans ce labyrinthe que je ne le saisirais pas. Au bout de quelques jours, le touriste le plus obtus arrive à balbutier "arigato", "domo", "konichiwa", "sumimasen". Il commence à manier maladroitement des baguettes, à faire des courbettes et ainsi, à coups de gestes futiles, il se berce de l'illusion qu'il signifie à ceux qui l'entourent qu'il est dans leur camp. Il tient à leur prouver qu'il renie Pierre Loti (et ses pareils) qui évrivait dans Madame Chrysanthème (1887) : "Comme nous sommes loin de ce peuple japonais, comme nous sommes de race dissemblable!" ...

Si je ne veux rien comprendre à Tokyo, c'est que protégée par cette bienheureuse opacité, tel un foetus au fin fond d'un utérus, je peux enfin me fermer à tous les bruits. Toujours, en tous lieux, ma quête de moi-même a été parasitée, empêchée par le problème identitaire. Jamais, je n'ai eu le loisir de me poser ces questions autrement complexes. Quel genre de personne suis-je exactement ? Ai-je bon coeur ? Suis-je timide ? Ou sauvage ? Ou arrogante ? Pourquoi est-ce que j'aime tant la musique triste, les requiems, le Stabat Mater de Vivaldi ? Pourquoi n'ai-je jamais écrit de poésie ? Même à seize ans ? Ai-je pu survivre, intacte, à mon enfance ?

Ô, délices de l'introspection ! Dans cet environnement qui ne m'offre pas de repères, je peux plonger et replonger dans mes eaux intérieures comme un scaphandrier néophyte."

Extrait de "Le monde à l'envers ou l'Empire des signes revisité" de l'écrivaine guadeloupéenne Maryse CONDE

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Oups, j'allais oublier. Je vous confie mes carpes koï ... si vous voulez bien les nourrir ...

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en contrepartie, vous invite dans un restaurant à sushi ...

Jaa mata ne, ki o tsukete  ... à très bientôt, prenez bien soin de vous ... et de mes koï ;o))

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