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"J'ai pu louer - un coup de chance - un bâtiment dans l'immense enceinte du temple bouddhique du Daitoku-ji.
Littéralement traduite, notre adresse donne "Pavillon de l'Auspicieux Nuage, temple de la Grande Vertu, quartier de la Prairie Pourpre, secteur nord, Kyoto."

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Ce n'est malheureusement pas ma future adresse à Kyôto, mais celle où Nicolas Bouvier résida, ainsi qu'il le raconte dans "Chronique japonaise".

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Situé dans la partie nord de la ville de Kyoto, le Daitoku-ji, ensemble de temples zen, ne compte pas moins de 24 temples secondaires. Tous ne se visitent pas, mais on peut flâner le long des allées pavées et bordées d'immenses pins. Une balade zen, si on excepte, en été, le chant des assourdissant des cigales ... les provençales (les cigales, bien sûr ...) sont aphones comparées aux japonaises !!

Je ne manque pas, à chaque séjour à Kyoto, de consacrer au moins une demi-journée au Daitoku-ji, qu'il fasse beau ou qu'il pleuve, je ne résiste pas au charme des lieux.

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Dès que l'on pénètre dans l'enceinte, il y a un petit abri où du thé chaud attend en permanence le visiteur.

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Caché dans un jardin de thé, derrière un des temples, se trouve également un restaurant traditionnel où l'on peut déguster une délicieuse cuisine végétarienne.

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Le Ryogen-in, fondé en 1502 et entouré de quatre jardins différents (dont j'ai déjà parlé ICI)

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Le Daisen-in, un des temples secondaires du Daitoku-ji les plus célèbres. Il était malheureusement interdit de prendre des photos des peintures et des magnifiques jardins intérieurs. Disons que j'ai un peu bravé l'interdiction ...

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Le Koto-in et son roji (jardin de thé), le temple le plus visité à l'automne pour ses bosquets d'érables

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L'histoire du Daitoku-ji est liée de très près à celle de Sen No Rikyû - Le Maître de Thé - qui y suivit notamment ses entrainements zen, et y est enterré après s'être suicidé pour une sombre histoire qui a certainement un lien avec le Daitoku-ji.

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Au cours du XVIème siècle, la cérémonie de thé se transforme en un art sophistiqué accompli par des Maîtres de Thé dont Sen No Rikyû.
Refusant l'ostentation pour chercher le raffinement dans la simplicité, Rikyû devient le plus grand maître de la cérémonie du thé.
Les goûts du gouverneur militaire Toyotomi Hideyoshi étant tout à fait ostentatoires, Rikyû perd sa faveur et doit de suicider par seppuku en 1591.
Les véritables raisons demeurent inconnues.
Certains pensent qu'il avait fait partie d'un complot visant à empoisonner Hideyoshi pendant une cérémonie de thé ; d'autres estiment qu'il avait blessé son orgueil en installant sa propre statue au sommet de la porte (San mon) du temple de Daitoku - il était impensable pour un gouverneur de passer au-dessous de l'effigie d'un vassal.
Autre explication plus plausible : le gouverneur s'intéressait à la fille de Rikyû et voulut l'intégrer à son harem, s'exposant au refus du Maître de Thé ... il semblerait que l'enquête ne soit pas close ...
Pour parler un peu de la cérémonie de thé, Rikyû fut le pionnier dans l'utilisation des bols à thé Raku et avait une préférence pour les objets sobres (wabi) et rustiques du Japon, plutôt que les objets chinois très chers qui étaient à la mode à cette époque. Il a aussi développé e nombreux instruments pour la cérémonie du thé, incluant des vases à fleurs, des boules à thé et des reposes couvercles en bambou, et utilisa aussi des objets de tous les jours, souvent de nouvelle façon.
Bien qu'il ne fut pas l'inventeur de la philosophie de wabi-sabi, qui trouve la beauté dans la simplicité, Rikyû est parmi eux qui sont principalement responsables pour l'avoir popularisé et incorporé à la cérémonie
du thé.

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Selon Rikyû, il y a quatre qualités fondamentales qui doivent être illustrées dans une cérémonie de thé :
- harmonie,
- respect,
- pureté,
- tranquillité

Rikyû enseignait de nombreuses choses à propos de la cérémonie du thé. Deux de ses paroles les plus connues sont :

"Bien que de nombreuses personnes boivent du thé,
Si tu ne connais pas la voie du thé,
C'est le thé qui te boira."

"La voie du thé n'est rien que cela : tout d'abord tu fais bouillir de l'eau, ensuite tu fais le thé, et tu le bois."

Le sens de l'esthétisme de Rikyû influença aussi le design. Il popularisa l'utilisation de petites lanternes en pierre comme ornement de jardin.

Je vous recommande l'excellent roman de Yasushi Inoué "Le Maître de Thé"

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Note des traducteurs

"La Voie du Thé n'avait à l'origine qu'un but : déguster le plus délicieux thé possible. Peu à peu, elle s'éloigne de la simple gourmandise et s'oriente vers la recherche d'une manière de préparer et servir le thé : un rituel dont, au XVè siècle, les formes sont définitivement fixées par les Maîtres Jukô et Jyôô (Shôô dans le roman). Imprégnée d'esprit zen, la cérémonie s'organise selon les principes d'austérité et de dépouillement de cette religion.
C'est après cette période fondatrice que Rikyû (1522-1591) entre en scène : il s'efforce d'appliquer ce style "simple et sain" non seulement à la préparation du thé mais à toutes les composantes de la cérémonie, c'est-à-dire à la salle, au décor, aux ustensiles (d'où les longues énumérations des noms dont les Maîtres baptisent leurs plus précieuses céramiques). Il tentera avec plus ou moins de bonheur (il vit en des temps de conflits terribles) de relier la Voie du Thé à celle des guerriers samouraï.
Les personnages de ce roman, y compris le narrateur, ont réellement existé, mais Honkakubô n'à laissé aucun cahier. Tous ses entretiens sont donc une invention de l'auteur."

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