Dans les délices japonais ... j'ai nommé le coiffeur ...
xx
Utamaro - "La coiffeuse" - série "douze professions féminines"
Une histoire de cheveux ... des dames de l'aristocratie aux courtisanes et autres geisha
La coiffure (kamigata) qui évolua parallèlement au kimono, permet de situer l'époque ou la classe sociale : les cheveux noirs de jais et longs étaient caractéristiques des femmes de l'aristocratie et des dames de la cour pendant la période de Heian, alors que les femmes des classes inférieures portaient les cheveux noués pour des raisons pratiques.
Hokusaï - "La poétesse Ono No Komachi"
C'est pendant la période d'Edo que naquirent les coiffures féminines les plus séduisantes, celles des courtisanes et, plus tard, des geisha.
Les geisha portent des chignons compliqués, reproduisant les coiffures de l'ère d'Edo. Ces coiffures imposent des heures d'arrangement et bien sûr d'avoir des cheveux longs ou très longs. Comme elles doivent changer de coiffure à chaque danse, elles ont adopté, dans les années 60, le port de la perruque, ou katsura, toujours faits de vrais cheveux et donc très chers. La coiffure de "shimada" est la plus connue. Le shimada de taka est un chignon haut, porté par les plus jeunes. Le shimada de tsubushi est plus plat, et porté par les geishas plus âgées. Pour ne pas abîmer leur coiffure en dormant, les geishas dormaient la tête posée sur un banc de bois assez élevé, ce qui était relativement inconfortable. Les cheveux exigent un travail constant. Les geisha modernes portent des perruques, mais qui doivent elles aussi être très travaillées. Mais certaines encore continuent à coiffer leurs cheveux à l'huile de camomille.
Un salon nommé "Concombre" ... où le récit d'une délicieuse séance chez un coiffeur japonais
Comme j'avais du temps avant de prendre possession de ma chambre d'hôtel dans le quartier de Saïn à Kyoto, je décidai de profiter de ce temps libre pour rafraîchir ma coupe de cheveux (je porte, depuis quelques années, les cheveux très très courts, ce qui nécessite un entretien très fréquent ...) et, par la même occasion, tenter l'expérience d'une séance dans un salon de coiffure japonais.
Le quartier de Saïn n'est pas touristique, ce qui permet de se rendre dans des établissements qui ne sont généralement fréquentés que par les Japonais. A quelques pas de mon hôtel, je trouvai donc un salon de coiffure qui me sembla relativement moderne, à l'enseigne "Concombre" ...
Aucun des employés ne parlant anglais et ne connaissant du français que le fameux "Concombre" dont ils ignoraient sans doute la signification, je réussis, tant bien que mal, à expliquer que je souhaitais une coupe de cheveux. Ma requête eut l'air de les étonner, car au Japon, les cheveux ne se portent pas aussi courts, enfin rarement, peut être chez les bonzesses en fait ...
Après maints OK, courbettes et sourires de convenance, on m'installa avec délicatesse pour le shampoing sur un fauteuil où je passai, en deux temps, trois mouvements, de la position assise à la position allongée, ma tête reposant sur le bac de shampouinage. Après qu'une petite pièce de tissu fut déposée sur mon visage (pour éviter tout risque de projection) j'eus droit à une quinzaine de minutes de shampouinage, rinçage et massage du cuir chevelu et de la nuque ... un délicieux moment de relaxation.
Après une coupe minutieuse (ah, la précision nippone !!) retour au bac à shampoing pour une nouvelle séance identique à la première avec, en plus, un massage du cuir chevelu avec une lotion camphrée et un massage du visage ... j'étais tellement relaxée que j'ai dû commencer à m'endormir ...
Enfin, après cette délicieuse séance d'environ dix minutes, je passai au séchage qui, vu les quelques millimètres de cheveux qui restaient sur ma tête, fut de courte durée. J'étais si détendue que j'avais l'impression de flotter sur des nuages - de n'avoir pas encore atterri - quand deux mains fermes et expertes se sont mis à me masser vigoureusement la nuque, les épaules et le dos ... pour me réveiller, sans doute !!
J'avoue que j'y ai pris goût ; chaque fois que je vais au Japon, je me réserve au moins deux visites chez le coiffeur. Si je me souviens bien, shampoing, coupe et tout le toutim ont dû me coûter 20 euros environ, pour une séance de plus d'une heure, et quelle séance !
Vous l'aurez compris, si vous allez au Japon, ne vous privez pas d'un petit passage chez un coiffeur japonais, hors des quartiers touristiques de préférence, car sinon vous risquez de tomber sur un salon de type occidental (ça m'est arrivé l'été dernier et j'ai été un peu déçue par la prestation) et, pour les messieurs, vous aurez droit en plus à un nettoyage des oreilles (du type ramonage paraît-il ...), à un désherbage des poils du nez et des oreilles et, si vous le désirez, à un rasage à l'ancienne !
En ce moment ... je crois que j'aurais bien besoin d'une bonne séance chez le coiffeur japonais ... ma coiffeuse locale est bien asiatique, mais vietnamienne !
XX
Découvrez John Williams!
Commentaires sur Dans les délices japonais ... j'ai nommé le coiffeur ...
- Sourire. Il y a un passage dans le livre de Mineko Iwasaki où elle raconte qu'à force de mettre des peignes dans leurs chignons, les geishas ont carrément des "trous" dans leur chevelure.
J'aime beaucoup la période Heian. Les kimonos étaient vastes et somptueux. Est-ce à cette époque que les dames se noircissaient les dents? - Quel plaisir de visiter l'une après l'autre les pages de votre blog .
Un oeil neuf , bien différent de celui des agences de tourisme , curieux , ouvert ...Un vrai régal .
Par contre , je ferais une petite remarque :
"...alors que les femmes des classes inférieures portaient les cheveux noués pour des raisons pratiques...."
Je dirais : les femmes des classes plus pauvres , ou les femmes devant travailler ...
Au Viet Nam , les salons de coiffure proposent tous , systèmatiquement , les mêmes massages du cuir chevelu et du visage pour tous les soins des cheveux . Il est possible , en même temps , de profiter d'un massage des mains et des pieds si on le demande. - Désolée pour mon absence ! L'hospitalisation de ma maman n'a pas été facile. A peine rentrée chez elle avec toute l'aide que j'ai pu obtenir pour la maintenir à domicile (et contre l'avis de ma soeur), elle vient de faire une petite AVC sans gravité et donc retour à la case départ ! Elle devrait revenir chez elle demain... Pour l'instant, c'est ma soeur qui a rompu tous les ponts avec moi et aussi mon frère ! Elle ne supporte pas qu'on ne mette pas notre maman à l'hospice alors qu'on ne peut obliger une personne d'y aller contre sa volonté ! C'est la loi ! Ce serait trop facile de se débarrasser ainsi de ses parents handicapés... et cela relève plus de l'internement que d'une maison de retraite !! Je suis à bord de l'écoeurement avec la réaction enfantine et méchante de ma soeur et totalement abasourdie...
Revenir aux blogs me donne un certain bien-être et surtout l'oubli partiel de ces soucis... un seul moment de quiétude et les forces reviennent !!
Ton blog Domi, c'est justement ce moment de douceur dont j'ai besoin... merci.... - toujours de plus en plus magiqueBonjour Domi,
ça fait longtemps...Je pense que tu as le blog le plus captivant, le plus léger, le plus délicat de tout ce que j'ai pu voir depuis mon passage sur la toile. Quelle pureté. Ta narration dépasse les lieux communs et, franchement tous ces petits instants volés à mon horaire chargé m'apportent chaque fois de purs moments de bonheur, une détente subtile au travers de tes voyages, mais surtout, ici, du Japon. Quel art de transmettre si majestueusement ta passion Bravo, vraiment!!!J'aimerais que tous ceux, qui comme moi, admirent ce travail, ces photos, ces textes, ces morceaux de musique si bien choisis,te décernent avec moi, un prix d'excellence. A bientôt, et, continue de nous faire rêver. Ginette.



















Merci!