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A ceux et celles qui se sont inquiétés, je suis désolée de mon silence ... je vais bien ... je dirais que j'étais simplement déconnectée ...

Mille mercis pour vos messages !

Dans les tout premiers jours de juillet 1950, le Japon consterné apprenait qu'un incendie criminel venait d'anéantir l'un des plus célèbres trésors nationaux, Le Pavillon d'Or (Kinkaku-ji) à Kyoto.

Le journal Asahi du 3 juillet 1950 relate l'incendie et l'arrestation du coupable : "un bonze novice de 21 ans, Hayashi Shôken, originaire de la préfecture de Fukui, étudiant de la section de chinois à l'université Otani. On l'a, précise le journal, rerouvé malade sur la colline Samonji, derrière le temple. A la clinique, il a confié avoir voulu disparaître avec le Pavillon d'Or ..."

Yukio Mishima relate l'histoire de ce jeune bonze et de sa passion pour le Pavillon d'Or et sa beauté qui le conduira à son anéantissement.


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L'auteur est né à Tokyo en 1925. Son oeuvre littéraire est diverse et abondante : essais, théâtre, romans, nouvelles, récits de voyages ... Il a écrit aussi bien des romans populaires qui paraissent dans la presse à grand tirage que des oeuvres littéraires raffinées et a joué et mis en scène un film qui préfigure sa propre mort.
Il a obtenu les trois grands prix littéraires du Japon. En novembre 1970 il s'est donné la mort d'une façon spectaculaire, au cours d'un seppuku, au terme d'une tentative politique désespérée qui a frappé l'imagination du monde entier.

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Mishima fut un grand admirateur de la tradition japonaise classique et des vertus des samouraïs. Dans ses oeuvres, il a souvent dénoncé les excès du modernisme et donné une description pessimiste de l'humanité.

Extrait

"Le Pavillon d'Or, que je revoyais après plusieurs mois, reposait sereinement dans la lumière de l'été finissant.
J'avais le crâne tout frais rasé de mon entrée en sacerdoce et j'éprouvais la sensation que l'air collait étroitement à ma tête - la périlleuse sensation que toutes les idées nichées dans ma cervelle entraient en contact avec les phénomènes extérieurs par cette seule et mince épaisseur de peau, hypersensible et si vulnérable !
Quand je levais la tête vers le Pavillon d'Or, ce n'est pas seulement par les yeux qu'il pénétrait en moi, mais aussi, semblait-il, par le crâne. De la même façon qu'en plein soleil ce crâne devenait brûlant, ou était instantanément rafraîchi par la brise du soir.
Pavillon d'Or ! Je suis enfin venu près de toi ! murmurais-je en moi-même, m'interrompant de balayer l'allée. Je ne dis pas tout de suite, mais un jour, fais-moi un signe d'amitié, je t'en prie ; révèle-moi ton secret. Ta beauté, il ne tient qu'à un seul fil qu'elle ne m'apparaisse, je le sens, et pourtant elle m'échappe encore.
Plus que celui dont je garde en moi l'image, c'est le vrai Pavillon d'Or que je te prie de me laisser découvrir dans toute sa beauté. S'il est vrai que sur terre rien ne peut t'être comparé, dis-moi pourquoi tu es si beau, pourquoi tu ne peux faire autrement que de l'être."

Reconstruit à l'identique (l'original datait de 1398), le Pavillon d'Or, le Kinkaku-ji, se reflète à nouveau dans les eaux calmes de sa pièce d'eau, plus doré et plus clinquant que l'ancien, en attendant la patine du temps ...

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Photos prises au Kinkaku-ji lors de mon premier voyage au Japon, un jour de pluie, en juillet 2006

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