Le Japon d'Asiemutée

mardi 15 mai 2012

Sept ans de réflection : Japon 2006 / 2

 

Picture_285

 

Le jour se lève très tôt au Japon - moi aussi - ce qui me permet d'effectuer une visite très matinale dans le parc du Senso-ji qui se trouve à deux pas du ryokan. Aucune trace des agapes et festivités de la veille : plus de structures, aucun détritus. L'extrême propreté des lieux publics se remarque immédiatement au Japon.

 

Picture_269  Picture_271

Picture_274  Picture_273

Picture_276  Picture_277

Picture_279

Picture_281  Picture_282

Picture_272 Picture_288

 

Aucune trace non plus des SDF qui ont passé la nuit sur des cartons dans la galerie marchande d'Asakusa : beaucoup de personnes très âgées - enfin qui semblent très âgées - qui survivent en marge de la société et ne pratiquent pas la mendicité. Au Japon seuls les moines sont autorisés à mendier. Ce qui ne m'empêchera pas de leur faire très discrètement quelques offrandes : un peu d'argent et de nourriture.

 

 Picture_108

Picture_051bis

Picture_052

Picture_058

Picture_062 Picture_067

Picture_056

 

Toujours dans la galerie marchande d'Asakusa, une autre singularité japonaise : la reproduction en plastique des plats, aussi vrais que nature. Cela facilite le choix du restaurant et du menu lorsqu'on ne connaît pas suffisamment la cuisine japonaise.

Là, je fais le trajet au pas de course ! Après un petit-déjeuner à l'occidentale - je n'étais pas encore apte à ingurgiter un petit déjeuner typiquement japonais - direction Shinjuku, Shibuya et Ginza.

 

japanese_breakfast

Voila un exemple de petit déjeuner japonais ; si ça vous parle ...

 

Se déplacer à Tokyo est relativement facile, il suffit de repérer la couleur des lignes et de comprendre le fonctionnement des distributeurs de tickets de métro et autre Yamanote. Là encore, pas de problème : si on vous sent dans l'embarras, il y a toujours quelqu'un prêt à vous aider. Une fois qu'on a compris le système, c'est vraiment très aisé, et si par hasard on a fait une erreur sur le montant du ticket, il y a des "fare adjustment" à chaque sortie. Il suffit de payer la somme manquante et la machine fournit un ticket complémentaire pour passer le portique en "toute légalité" ;)

 

Picture_078  Picture_079

 

La visite de Shinjuku sera très brève : c'est un quartier auquel il faut consacrer au moins une journée et surtout y rester en soirée. Mais ne sachant pas encore très bien m'orienter dans la ville, je choisis de ne pas trop m'éloigner des abords du métro.

 

Picture_080  Picture_082

Picture_081  Picture_083

 

Picture_085

 

Shibuya et la fameuse statue de Hachiko : un excellent repère, juste en face du célèbre carrefour, pas très fréquenté à cette heure.

 

Picture_086

Picture_087  Picture_091

Picture_092  Picture_302

 

Le "chic" français s'exporte bien ;) Enfin, là c'est un love hôtel et un hôtel capsule : lieux propices aux etreintes furtives et improbables cellules de dégrisement à l'occasion de soirées trop arrosées.

 

Picture_304  Picture_101

Picture_298

 

Déjà la queue devant le pachinko, alors que d'autres vacquent à leurs occupations. L'industrie du pachinko a l'air très rentable ; enfin, je ne parle pas des joueurs ....

 

Picture_103

 

Le vélo est un moyen de déplacement très courant dans les rues de Tokyo, enfin, sur les trottoirs, plutôt ;) Quand on est un simple piéton, il est important d'apprendre à slalomer entre les vélos qui déboulent sur vous à toute allure ...

 

Picture_094

 

Je découvre les douceurs japonaises (pas que ...) au sous-sol d'un grand magasin, le raffinement de la présentation, les yokan et les divins wagashi. Encore une particularité japonaise.

 

Picture_096

Picture_098

Picture_099

 

Picture_327

 

Enfin, Ginza, l'un des quartiers les plus huppés de Tokyo : larges avenues, voitures, boutiques et restaurants de luxe et un magasin incontournable, Ito-Ya, spécialisé notamment dans le papier japonais, le washi : neuf étages, me semble-t-il, où j'ai passé des heures à choisir des petits carnets aux dessins et à la calligraphie délicates, des sets de papier à lettres, du papier à origami, des crayons, des cartes, etc. de quoi ramener de beaux o-miyage (cadeaux) en France.

 

Picture_328  Picture_329 

 Picture_330  Picture_332

Picture_335  Picture_333

 

Déjeuner à Ginza, au restaurant Kondo - Sakaguchi building : tempura chazuke (beignets de crevettes servis sur du riz arosé de thé vert).  Un repas relativement frugal ...

 

tempura_chzuke

 

A la fin de ces journées harassantes, on apprécie les bienfaits du bain commun où l'on peut se prélasser avant d'aller dîner et même se coucher sans dîner car le bain à 40° ça vous coupe les jambes et, associé à la fatigue, l'appétit ;) A Tokyo il y a des sento dans les ryokans, dans certains hôtels, mais il existe aussi des sento de quartier : c'est le cas notamment à Asakusa, Ueno, Azabu juban, Ibebukuro, etc.

 

Picture 1160

 

Est-ce une belle ville ?

J'ai débarqué, consigné mon bagage à "Tokyo Central" et suis parti au hasard dans cette ville interminable, une brosse à dents dans la poche. C'était un bonheur de marcher dans ces longues avenues rafraîchies par le vent en regardant les visages. Toutes les femmes avaient l'air lavées, tous les passants semblaient s'acheminer vers une destination précise, tous les travailleurs travaillaient et où l'on trouvait partout des boutiques minuscules qui offraient pour quelques yens un café fort et bon : petits miracles auxquels, après deux ans d'Asie, j'avais cessé de croire.

Cet après-midi-là j'ai bien marché vingt kilomètres au hasard dans la ville. L'air était délicieux. J'ai visité au passage une exposition de photos japonaises d'un goût si exigeant que rien n'y bougeait plus. J'ai regardé les voitures de pompiers passer à toute allure dans des tourbillons de feuilles mortes. Leurs cloches de bronze sonnant à la volée, l'air d'aller à la fête avec leurs grappes de petits hommes noir et rouge accrochés aux échelles, coiffés de casques à protège-nuque comme les guerriers de Gengis Khan. Je me suis reposé les pieds dans une église russe en écoutant des choeurs assez nombreux et véhéments pour absoudre la ville entière. Ces avenues sans plan, ces entrepôts, ces librairies noires de monde, cette marée de jardinets, de maisonnettes inégales qui venait battre contre un canal croupi, contre un bloc d'immeubles ultramodernes, contre le ballast d'une voie ferrée ... après huit heures de promenade, je me demandais encore si cela faisait une belle ville, ou même une ville tout court. Puis le soleil est descendu en se gonflant dans un ciel orange, dessinant en silhouette la ligne incongrue des toits, la folle écriture des antennes, des fils électriques et des ballons publicitaires contre un horizon qui virait au rouge, puis la pluie multicolore des néons. J'ai cessé de me poser des questions.

Extrait de "Chronique japonaise" (1989)
Nicolas BOUVIER

Photos à Tokyo, juillet 2006

Posté par asiemutee à 20:59 - - Commentaires [12]
Tags : , , , , , , ,


dimanche 13 mai 2012

Sept ans de réflection : Japon 2006 / 1

 

Picture 334

 

Juillet 2006 : premiers pas sur le sol nippon. Je n'aurais jamais cru, sept ans et huit séjours plus tard, que cette passion naissante serait toujours aussi intacte aujourd'hui !

 

Picture 1045

 

Premier voyage donc où, sans présumer de la suite, j'organisais l'itinéraire suivant :

Tokyo
Nikko
Miyajima
Himeji
Kyoto
Tokyo

 

Picture 1053 

 

Douze jours, Japan Rail Pass et Lonely Planet en poche, pour visiter l'archipel ; douze jours c'est très court, il faut faire des choix, essayer de ne pas passer à côté de l'essentiel (du moins de ce que l'on considère comme essentiel) car rien n'indique qu'on y reviendra.

 

Picture 1181

 

Premier contact avec Tokyo : le quartier d'Asakusa où je logeais, au ryokan Shigetsu (lien vers le site du ryokan). Chambres "à la japonaise", tatamis, futon, shoji et bain commun avec vue sur la Saksa, la pagode du Senso-ji. Total dépaysement quand on sait que finalement, quel que soit l'endroit du monde où on se trouve, toutes les chambres à l'occidentales finissent par se ressembler.

 

Picture 1163
Picture 248Picture 250

 

A Asakusa, ce week-end de juillet 2006 c'était l'Hozuki-ichi festival (festival et marché aux physalis). Certes, je savais que le quartier d'Asakusa se trouvait à "Shitamachi", la ville basse dans l'ancien Tokyo (quartier très populaire), mais je n'imaginais pas me retrouver, à peine descendue de l'avion, dans une ambiance si désuette : couples en yukata, jeux de fête foraine à l'ancienne, innombrables échoppes ambulantes (yataï) dans l'enceinte du temple, comme dans les matsuri que je découvrirais plus tard ...

 

Picture 016

Picture 006

Picture 021

Picture 043

Picture 008

Picture 045

Picture 012

Picture 024

Picture 027

Picture 026

Picture 037

Picture 111

Picture 023

 

Picture 119

Picture 118

 

"Vous comptez vous rendre au Japon ?"
Derrière ses lunettes rondes à monture d'écaille, le petit homme rondouillard, boudiné dans un costume trop serré, me regardait d'un air dubitatif. Je venais de pousser la porte du bureau du tourisme japonais, le JTB, sur les Champs-Elysées, à quelques dizaines de mètres de la JAL.
Plus tôt dans la matinée, j'étais allé voir le directeur pour la France de la compagnie aérienne japonaise, un ami de mon père qui avait accepté de me rencontrer pour me parler de son pays natal. Dès qu'on passait le seuil de l'agence, on avait l'impression d'entrer de plain-pied au Japon. Des parois de papier quadrillées de bois encadraient le comptoir où les clients s'asseyaient pour acheter leur billet.
Une jeune femme était assise derrière le bureau. Elle portait un kimono. C'était le première fois que je voyais une Japonaise en chair et en os. Je la trouvais ravissante avec ses cheveux très noirs relevés en chignon sur une nuque délicate. Sa peau était claire, presque translucide. Ses yeux me fascinèrent : deux amandes parfaites. Dans la vitrine, à côté de la maquette du tout nouveau Boeing 747 à l'empennage flanqué d'une grue stylisée prenant son envol et aux ailes empastillées d'un rond de ce rouge orangé qu'on retrouve sur le drapeau japonais, était posée une pagode à cinq niveaux en bois doré avec un toit en vraies tuiles vernissées miniatures. A peine audible, une musique mélodieuse enveloppait l'athmosphère d'un charme indéfinissable. L'ami de mon père me dit que c'était du koto, "une sorte de harpe dont onjoue à plat, agenouillé sur une natte de paille qu'on appelle un tatami."
"Viens voir !" ajouta-t-il en m'entraînant vers une des parois de papier qu'il fit coulisser, me faisant entrer dans une petite pièce à tatamis.
Cela sentait un peu la poussière de foin sec, l'odeur n'était pas désagréable. Il reprit :
"Nous recevons ici les clients japonais importants qui ont besoin d'assistance. Ils sont souvent un peu désorientés dans cette ville toute de pierre. Ils retrouvent instantanément leurs marques quand ils s'accroupissent sur la natte ! Les couleurs neutres, les proportions toujours indentiques, les matérieuax souples, le relâchement qui s'opère lorsqu'on s'assoit par terre ... Ici, ils se sentent en sécurité."
Il me donna quelques conseils et une pile de dépliants sur Tokyo, Kyoto et d'autres hauts lieux du tourisme et me recommanda d'aller voir ses voisins du JTB. Quand je repassai devant elle, l'hôtesse était en conversation avec un client japonais. C'était doux et chantant, pas comme cette crécelle du vietnamien que nous entendions dans le petit restaurant de quartier où nous allions souvent. Elle me salua sans arrêter de parler à son interlocuteur d'une brève inclination de la tête que je trouvai poétique et gracieuse.
Le Japonais du JTB était beaucoup moins séduisant. Ses cheveux étaient plantés droit sur son crâne, telles des épines de porc épic, sa peau était grisâtre et terne, son sourire figé, qui lui donnait un air niais, laissait voir des dent plantées au hasard. Ses yeux clignaient à toute vitesse derrière les hublots épais de ses lunettes quand il répéta :
"Vous voulez vraiement aller au Japon ?"
En insistant sur le vraiment, il écorcha le r en une sorte de l mouillé. Si son français était impécable, il n'en maîtrisait pas la prononciation.
Visiblement, je ne correspondait pas au profil de ces hommes d'affaires en cravatte que j'avais brièvement entr'aperçus au comptoir de la JAL.
"Savez-vous que c'est très loin et très cher ?" enchaina-t-il sur un ton où je crus discerner du mépris.
Je lui répondis avec la même morgue :
"N'exagérons rien ! Dix-sept heures de vol avec une escale, ce n'est tout de même pas le Brésil, où j'avais initialement prévu de me rendre !"
Il parut un instant désarçonné puis reprit :
"Mais qu'allez-vous y faire ?"
"Monsieur, je veux connaître votre culture ! Je souhaiterais m'y plonger totalement, et je vous prie de m'indiquer l'organisme de votre pays qui pourra me permettre d'effectuer un séjour en homestay."
J'avais quelques années plus tôt expérimenté ce système qui permettait aux étudiants une immersion dans une famille d'accueil.
Mon interlocuteur semblait continuer à me mépriser. Mon agressivité ne le prit pas au dépourvu : les Français, il connaissait.
"Les Japonais, jeune homme, n'ont pas l'habitude des étrangers !"

Extrait de LA TRACE de Richard COLLASSE (1972, Paris)

Picture 115

 

Les personnes qui me suivent depuis 2006 sur mon premier blog "Asiemutée" (laissé à l'abandon, mais j'y parle encore un peu de mes autres voyages, de l'Inde notamment) reconnaîtront sans doute ces photos.
Certes, je ne manque pas de "nouveautés", mais j'ai décidé de remonter un peu aux sources de ma passion nippone (magie du net ...), avec un peu de nostalgie sans doute, mais aussi pour donner des idées d'itinéraires, de bonnes adresses, de m'en tenir à l'aspect plus touristique de mes voyages. Je sais, pour être souvent contactée par mail à ce sujet, que le côté pratique intéresse bon nombre de visiteurs de ce blog.

Photos à Tokyo, Asakusa, juillet 2006

Posté par asiemutee à 21:15 - - Commentaires [12]
Tags : , , , , , , ,
jeudi 10 mai 2012

La voie des fleurs : bonsaï d'azalées au parc Ueno ...

 

DSCN4669

 

"Saluons celui qui cultive les plantes. L'homme au pot de fleurs est bien plus humain que l'homme au sécateur. Nous le voyons - avec quel délice - s'inquiéter de la pluie et du beau temps, se battre contre les parasites, s'affoler à la moindre gelée, s'angoisser quand les bourgeons tardent à paraître, se réjouir, enfin, à la frondaison. En Orient, l'art de la floriculture est des plus anciens, et nombre de contes et de chansons célèbrent les amours du poète et de sa plante favorite. Sous les dynasties Tang et Song, les céramistes créèrent pour les plantes de merveilleux récipients ; non point des pots, mais d'authentiques palais de pierres précieuses. A chaque fleur était attaché un domestique particulier, qui avait la charge de veiller sur elles et de laver ses feuilles avec une fine brosse en poils de lapin.
Au Japon, l'une des danses de les plus populaires, le Hachinoki, composée sour les Ashikaga, raconte l'histoire d'un guerrier ruiné qui, par une nuit glacée, manquant de bois pour son feu, coupe ses plantes chéries pour recevoir un moine errant. Aujourd'hui encore, cette pièce ne manque jamais d'arracher des larmes au public tôkyôïte."

Kakuzô Okakura
Le Livre du thé

 

DSCN4649

Japon_2010_1_1322

Japon_2010_1_1337

Japon_2010_1_1324

Japon_2010_1_1331

Japon_2010_1_1327

Japon_2010_1_1333

Japon_2010_1_1339

Japon_2010_1_1326

Japon_2010_1_1344

Japon_2010_1_1357

Japon_2010_1_1349

Japon_2010_1_1355

Japon_2010_1_1332

Japon_2010_1_1330

Japon_2010_1_1342

Japon_2010_1_1340

Japon_2010_1_1357

DSCN4662

DSCN4647

DSCN4663

 

Un ancien post sur le bonsaïdo (l'art du bonsaï) : ICI

 

DSCN4851

 

Satsuki azaleas bonsai exhibition - parc Ueno (Tokyo) mai 2010

 

Posté par asiemutee à 19:53 - - Commentaires [22]
Tags : , , , , , ,
lundi 7 mai 2012

Eikan-do : le temple dans un bosquet calme ...

 

DSC_3048

 

Eikan-do, connu également sous le nom de temple Zenrin-ji, littéralement "le temple dans un bosquet calme", était à l'origine une villa appartenant à un membre de la noblesse de l'époque Heian qui en fit don à un prêtre. Niché au pied d'une colline au sud du chemin de la Philosophie, tout prêt du Nanzen-ji, l'Eikan-do est réputé pour ses jardins dont la beauté est à son apogée à l'automne.

Ce n'était pas à l'automne mais l'été dernier que j'ai visité le temple dans un bosquet calme : une très belle halte de verdure, propice à la contemplation, au repos et à la sérénité ...

 

DSC_3104

 

DSC_3047

 

DSC_3049

 

DSC_3050

 

DSC_3052

 

DSC_3051

 

DSC_3053

 

DSC_3055

 

DSC_3057

 

DSC_3065

 

DSC_3102

 

DSC_3077

 

DSC_3080

 

DSC_3082

 

DSC_3084

 

DSC_3085

 

DSC_3089

 

DSC_3088

 

DSC_3092

 

DSC_3067

 

DSC_3069

 

DSC_3073

 

DSC_3072

 

DSC_3093

 

DSC_3096

 

DSC_3083

 

DSC_3111

 

DSC_3112

 

DSC_3098

 

DSC_3117

 

DSC_3118

 

DSC_3122

 

DSC_3124

 

DSC_3127

 

DSC_3130

 

DSC_3140

 

DSC_3131

 

DSC_3134

 

DSC_3142

 

DSC_3149

 

DSC_3144

 

DSC_3145

 

DSC_3109

 

DSC_3146

 

DSC_3113

 

DSC_3147

 

DSC_3116

 

DSC_3152

 

DSC_3107

 

DSC_3153

 

DSC_3137  DSC_3136

 

"Je m'assoupis
un nuage de canicule
sur les genoux"

Kobayasi Issa

Photos à Kyoto, juillet 2011

Posté par asiemutee à 21:54 - - Commentaires [18]
Tags : , , , , ,
dimanche 6 mai 2012

O tanjobi omedeto gozaimasu !

 

DSCN4404
 

 Nous sommes nées le même jour, le 6 mai, mais pas de la même année (pour le coup, c'est dommage pour moi ...)

Nous avons donc le même signe astrologique : le Taureau

Mais, dans le calendrier chinois, elle est Dragon, alors que moi je suis Cheval

 

Japon_Kyoto_2009_1099

 

Nous partageons le goût du Japon, de la simplicité et une certaine sensibilité


DSC_3067

 


Bon anniversaire PASCALE !!!

 

Que cette journée soit belle, exceptionnelle et pleine de promesses !

 

Japon_2010_2_1151

 

" J'aime ma vie
comme j'aime
les roses "

Midorijo Abé
Haïjins japonaises
"Du rouge aux lèvres"

 

Japon_2010_2_1153


Mes photos :

Vue du Fuji-san : mai 2010

Ema à Kyoto : octobre 2009

Un jardin à Kyoto : juillet 2011

Roses à Naka-Meguro (Tokyo) : mai 2010

Posté par asiemutee à 00:10 - - Commentaires [11]
Tags : ,


dimanche 29 avril 2012

1Q84 / Livre 3 / 3 / Tengo ...

 

route lac et Madurai 258

 

Toutes les bêtes sauvages portaient des habits ( p. 46/47 )

 

Tengo ne savait pas si son père percevait sa voix. Quand il observait son visage, il ne constatait pas la moindre réaction chez le pauvre vieillard amaigri, les yeux clos, qui restait endormi, absolument immobile. Tengo ne l'entendait même pas respirer. Certes, il respirait, mais on ne pouvait en être certain qu'en approchant l'oreille, ou à l'aide d'un miroir qui s'embuait. Le goutte-à-goutte pénétrait son organisme, le cathéter faisait ressortir d'infimes déjections. C'était uniquement ce lent et paisible va-et-vient qui indiquait que l'homme était encore vivant. De loin en loin, une infirmière le rasait à l'aide d'un rasoir électrique et coupait les poils blancs qui lui sortaient du nez ou des oreilles avec de petits ciseaux à bouts ronds. Elle lui égalisait aussi les sourcils. Son système pileux continuait de fonctionner, en dépit de son coma. Quand il voyait son père, Tengo sentait peu à peu se brouiller la différence entre les vivants et les morts. Y avait-il une véritable différence ? pensait-il. Ne serait-ce pas par commodité que nous posons l'existence de cette différence ?


route lac et Madurai 274


Vers trois heures, c'était la visite du médecin, qui lui faisait un compte-rendu sur l'état du malade. Un rapport très bref, dont les grandes lignes restaient les mêmes. Il n'y a pas de changement. Le viel homme est toujours plongé dans un sommeil profond. Ses forces vitales diminuent peu à peu. Autrement dit, il se rapproche de la mort, lentement mais sûrement. Nous ne pouvons rien faire. Laissons-le dormir tranquillement. Voilà tout ce que pouvait dire le médecin.


route lac et Madurai 282


A l'approche du soir, deux infirmiers faisaient leur apparition. Ils transportaient le père dans la salle d'examens pour procéder à diverses analyses. Ce n'étaient pas toujours les mêmes hommes mais ils étaient invariablement muets. Peut-être parce qu'ils portaient un large masque. En tous cas, ils ne disaient pas un mot. L'un d'entre eux semblait être un étranger. Il était petit, avait le teint bistre, et à travers son masque, il lui adressait toujours un petit sourire. Tengo voyait son sourire dans les yeux. En retour, il inclinait la tête et souriait lui aussi.


route lac et Madurai 327


Une demi-heure ou une heure plus tard, le père était ramené dans sa chambre. Tengo ignorait quelle sorte d'examens il avait subis. Lorsqu'on l'emmenait, il descendait à la salle à manger, buvait du thé vert et attendait environ un quart d'heure avant de retourner dans la chambre. Dans le creux du lit, la chrysalide de l'air n'apparaîtrait-elle pas une deuxième fois ? Aomamé, sous la forme d'une petite fille, ne serait-elle pas couchée à l'intérieur ? Tengo gardait toujours cet espoir. Mais quand il se retrouvait dans le clair-obscur de la chambre ne subsistaient que l'odeur du malade et, dans le lit vide, l'empreinte que son père y avait laissée.


Extrait de 1Q84 Livre 3 Octobre-Décembre
Haruki MURAKAMI
Traduit du japonais par Hélène MORITA



route lac et Madurai 292



Je profite de ce long week-end pour me plonger dans le Livre 3, reçu dès sa sortie, mais laissé volontairement de côté pour mieux le savourer, comme si c'était le dernier ... même si j'espère, comme beaucoup, qu'il y aura une suite, un Livre 4, ce que H. Murakami n'a, semble-t-il, pas exclu ...

Au début du dernier volet de cette trilogie, on retrouve Tengo là où on l'avait laissé dans le dernier chapitre du Livre 2 : auprès de son père mourant, dans cette chambre d'hôpital où lui est apparue la chrysalide de l'air ...



Photos Inde du sud, Etat du Kerala, lac Periyar, janvier 2011

Posté par asiemutee à 19:30 - - Commentaires [31]
Tags : , , , ,
mardi 24 avril 2012

Divin tofu ...

 

domi kyoto tofu

 

Avant je n'aimais pas le tofu ; mais ça c'était avant ...

Il faut reconnaître que le tofu que l'on trouvait il y a une dizaine d'années dans les rayons des magasins bio n'était pas vraiment génial. Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui car la saveur a été affinée et le choix bien diversifié, et on trouve chez nous d'excellents tofus made in France, mais aussi vietnamiens et japonais (entre autres).

J'ai mangé des plats à base de tofu en Thaïlande, en Chine, au Vietnam et bien sûr au Japon, le meilleur à mon goût : on le déguste dans un grand nombre de restaurants, notamment les restaurants shojin ryori. Le shojin ryori est la cuisine végétarienne créée par les moines bouddhistes zen ; elle privilégie les aliments richement protéinés, tels que le tofu, plutôt que la viande et le poisson.

D'origine chinoise, le tofu est arrivé au Japon vers le VIIème siècle. C'est un ingrédient incontournable de la cuisine japonaise et il existe à Kyoto, comme ailleurs au Japon, des maîtres de tofu qui possèdent un puits dans leur boutique d'où ils tirent une eau très pure pour préparer l'immaculé tofu. Un peu comme les maîtres de thé ...

 

37269473

 

Le tofu préparé de façon traditionnelle par ces maîtres, et dont la qualité est remarquable, est servi dans les meilleurs restaurants végétariens de Kyoto, et notamment dans les restaurants shojin ryori du Daitoku-ji au nord de la ville et au Shigetsu à Arashiyama, dans l'enceinte du temple Tenryu-ji (je parle bien sûr de ceux que je connais). Mais aussi au fameux restaurant Okutan où j'ai déjeuné ce jour de juillet 2011.

 

DSC_3247

 

DSC_3244

 

Situé dans le jardin du Chôshô-in, juste à la sortie du temple Nanzen-ji, cet excellent restaurant est l'un des plus anciens et authentiques de Kyoto. Fondé il y a environ 350 ans en tant que restaurant végétarien pour les moines bouddhistes, il continue à servir des plats traditionnels à base de tofu, notamment le fameux yudofu.

 

DSC_3248

 

DSC_3246

 

DSC_3221

 

Du gomatofu, tofu au sésame noir servi avec du wasabi et de la sauce soja légère

 

DSC_3222

 

Dans le bol, de la soupe de tororo : de l'ignâme rapée d'une incroyable onctuosité

 

DSC_3224

 

DSC_3226

 

Des konnyaku, brochettes de tofu grillées enduites de pâte miso blanche avec une pointe de yuzu

 

DSC_3232

 

Le fameux yodofu : de blancs morceaux de tofu cuits dans un léger bouillon d'algues

 

DSC_3230

 

que l'on mange nappés de sauce soja chaude avec de fines tranches d'oignon vert et un mélange de sel, poivre et piment

 

DSC_3239

 

DSC_3241

 

DSC_3235

 

Un tempura de légumes, très aérien, avec la fameuse feuille de shiso vert

 

DSC_3237

 

Et comme le veut la tradition à la fin du repas au Japon "gochiso sama deshita !" formule de politesse signifiant "j'ai fait un bon repas!" ... oishiiii ;)

 

DSC_3218

 

DSC_3157

 

DSC_3158

 

DSC_3183

 

DSC_3249

 

Photos à Kyoto, quartier du Nanzen-ji, le 9 juillet 2011

 

Posté par asiemutee à 22:13 - - Commentaires [24]
Tags : , , , , , ,
dimanche 22 avril 2012

Tendance pinku* ...

 

 

 

DSCN5289

 

Jolie cascade de roses roses chez Moto Yoshioka ...

 

DSCN5280

 

DSCN5301

 

DSCN5303

 

DSCN5308

 

et roses trémières dans les rues de Jyugaoka

 

DSCN5293

 

" Ciel bleu
les fleurs
ne veulent que s'épanouir "

Nobuko Katsura
Extrait de "Du rouge aux lèvres"
Haïjïns japonaises

* Pinku signifie rose (la couleur) en japonais
Photos à Tokyo, mai 2010

Posté par asiemutee à 19:05 - - Commentaires [20]
Tags : , , ,
jeudi 19 avril 2012

Oktoberfest 2010 au parc Hibiya ...

 

Changement (radical ...) d'ambiance et retour à Tokyo en mai 2010 ...

 

 

Japon_2010_2_092

 

Japon_2010_2_104

 

juste envie de faire une petite pause après le déjeuner à Marunouchi ...

 

Japon_2010_2_109

 

j'aurais pu me contenter de me poser là, la Naka dori était déserte et propice à la lecture ou à la somnolence ...

 

Japon_2010_2_134

 

et pourquoi pas là, mais c'eut été trop difficile, et puis la place était prise ;) ...

 

Japon_2010_2_130

 

Japon_2010_2_132

 

ici, ça m'a semblé très sympa, mais juste le temps d'un café ...

 

Japon_2010_2_123

 

sur cette place, pas question il y a Godzilla, même s'il est tout petit alors que je l'imaginais immense ...

 

Japon_2010_2_124

 

j'optais donc pour le parc Hibiya et ses superbes massifs de roses. 

 

Japon_2010_2_174

 

Seulement voila, il y avait ça ... ;)

 

 Japon_2010_2_139

 

Japon_2010_2_160

 

Japon_2010_2_141

 

Japon_2010_2_162

 

Japon_2010_2_146

 

Japon_2010_2_143

 

Japon_2010_2_149

 

Japon_2010_2_153

 

Japon_2010_2_151

 

Japon_2010_2_154

 

Japon_2010_2_156

 

Japon_2010_2_147

 

Juste une petite vidéo pour l'ambiance ...

 

 

Finalement, je me suis éclipsée ! J'ai le sens de la fête, mais à 3 h de l'après-midi, de plus avec une chaleur torride, je ne tiens pas la route ;)

 

Japon_2010_2_166

 

Japon_2010_2_168

 

Japon_2010_2_170

Tokyo, mai 2010

 

Posté par asiemutee à 15:30 - - Commentaires [15]
mardi 17 avril 2012

Alone in Shikoku Mura ...

 

4juilletShikokuMura 012

 


Au pied du plateau de Yashima, à quelques sations de Takamatsu, se trouve un musée en plein air où sont exposés des bâtiments traditionnels, maisons, entrepôts, ateliers, machines et objets usuels d'autrefois datant principalement des époques Edo et Meiji et provenant de toute l'île de Shikoku : Shikoku Mura.

 

 

4juilletShikokuMura 173

 

Une visite agréable, tôt le matin ; le site ouvre à 9 h.  J'y étais, je suis une lève tôt lorsque je voyage ... Cela ne m'a pas dérangée de ne pas croiser âme qui vive, à part les libellules ; j'aime ces improbables moments de solitude ...

 

4juilletShikokuMura 008

 

4juilletShikokuMura 021

 

4juilletShikokuMura 023

 

4juilletShikokuMura 029

 

4juilletShikokuMura 024

 

4juilletShikokuMura 031

 

4juilletShikokuMura 036

 

4juilletShikokuMura 051

 

4juilletShikokuMura 039

4juilletShikokuMura 040

 

4juilletShikokuMura 041

 

4juilletShikokuMura 042

 

4juilletShikokuMura 045

 

4juilletShikokuMura 046

 

4juilletShikokuMura 034

 

4juilletShikokuMura 075

 

4juilletShikokuMura 070

 

4juilletShikokuMura 071

 

4juilletShikokuMura 078

 

4juilletShikokuMura 080

 

4juilletShikokuMura 081

 

4juilletShikokuMura 083

 

4juilletShikokuMura 085

 

4juilletShikokuMura 087

 

4juilletShikokuMura 090

 

4juilletShikokuMura 089

 

4juilletShikokuMura 019

 

4juilletShikokuMura 018

 

4juilletShikokuMura 016

 

4juilletShikokuMura 056

 

4juilletShikokuMura 062

 

4juilletShikokuMura 097

 

4juilletShikokuMura 074

 

4juilletShikokuMura 095

 

4juilletShikokuMura 102

 

4 juillet Shikoku mura suite 002

 

4juilletShikokuMura 111

 

4juilletShikokuMura 114

 

4juilletShikokuMura 098  4juilletShikokuMura 104

 

4juilletShikokuMura 099

 

4juilletShikokuMura 106

 

4juilletShikokuMura 108

 

4juilletShikokuMura 107

 

4 juillet Shikoku mura suite 005

 

4juilletShikokuMura 120

4juilletShikokuMura 123

 

4juilletShikokuMura 122

 

4juilletShikokuMura 127  4juilletShikokuMura 128

 

4juilletShikokuMura 129

 

4juilletShikokuMura 131

 

4juilletShikokuMura 133

 

4juilletShikokuMura 134

 

4juilletShikokuMura 136

 

4juilletShikokuMura 135

 

4juilletShikokuMura 064

 

4 juillet Shikoku mura suite 010

 

4 juillet Shikoku mura suite 011

 

4 juillet Shikoku mura suite 009

 

4juilletShikokuMura 115

 

4 juillet Shikoku mura suite 007

 

4juilletShikokuMura 138

 

4juilletShikokuMura 144

 

4juilletShikokuMura 151

 

4juilletShikokuMura 146

 

4juilletShikokuMura 168

 

4juilletShikokuMura 154

 

4juilletShikokuMura 167

 

4juilletShikokuMura 175

 

4juilletShikokuMura 176

 

4juilletShikokuMura 160

 

4juilletShikokuMura 190  4juilletShikokuMura 194

 

4juilletShikokuMura 184

 

4juilletShikokuMura 178

 

4juilletShikokuMura 179

 

4juilletShikokuMura 181

 

4juilletShikokuMura 183

 

Photos à Shikoku Mura, Takamatsu, île de Shikoku, juillet 2011

 

Posté par asiemutee à 21:19 - - Commentaires [19]
Tags : , , , , ,