A vous !
Edit du 28 décembre :
Si comme moi vous aimez le Japon, Tokyo notamment, je vous laisse à nouveau ce lien chez rue Linière où chaque dimanche on voyage sur la Yamanote ! C'est magnifiquement (et nostalgiquement ...) écrit, tel qu'on le pense, ainsi qu'on le vit, mais avec tellement de difficultés à le retranscrire ... J'avoue que même au bout du monde, je ne rate jamais un dimanche sur la Yamanote : j'y retrouve mes souvenirs, mais aussi l'envie de me rendre dans ces quartiers, pas toujours très connus, de Tokyo ... une belle inspiration pour un prochain séjour dans la capitale nippone. Oui, je sais, je ne suis pas encore partie et je parle déjà de futurs voyages ... je suis vraiment incorrigible !!
Bien à vous et à bientôt !!!
A vous,
Béa, Désirée, Pascale(s), Marie(s), Mab, Tanette, Lili, Domi, Isabelle, Ranjiva, Loula, Laudith, Pochako, Thérèse, Aniko, Rose(s), Anne-Marie, Caro, Laudith, Naruto, Pierre, Bruno, Charles, Pierrot ...
et j'en oublie sans doute !
Aux anonymes aussi, qui, tout comme moi, passent discrètement, mais régulièrement,
Je vous souhaite que la nouvelle année
vous soit douce et lumineuse !

Soyez vous-même, n'oubliez pas que vous êtes unique,
ayez des rêves,
ne laissez pas passer les petits moments de bonheur,
acceptez ceux qui vous apportent de la tristesse,
laissez-vous tomber pour mieux vous relever,
battez vous,
indignez vous,
pleurez,
riez,
soyez fous,
soyez passionnés,
soyez sages,
soyez responsables,
soyez solidaires,
soyez profondément humains,
SOYEZ !!!
Quant à moi,
comme je vous l'ai déjà dit, je pars (là ...) pour mieux revenir !!! mi-février, probablement ...


akemashite omedetô !!
bonne année !!

Photos Thaïlande 2010
Estampe : Kitahawa Utamaro "Okita de la maison Naniwaya"
Dessin Hanabi : Jun Ayafuya
Vu de près, pris dans le cours ordinaire, on ne voit rien de sa propre vie ...

Ce titre, un peu long, auquel j'adhère pleinement, est extrait du roman d'Olivier Adam "Le coeur régulier". Choisi par hasard, car en tête de gondole chez le libraire ; je ne savais pas que j'embarquerais pour le Japon et que j'y ferais, une fois encore, de belles et touchantes rencontres ...




"Vu de loin on ne voit rien », disait souvent Nathan. Depuis la mort de ce frère tant aimé, Sarah se sent de plus en plus étrangère à sa vie, jusque-là « si parfaite ». Le coeur en cavale, elle s’enfuit au Japon et se réfugie dans un petit village au pied des falaises.
Nathan prétendait avoir trouvé la paix là-bas, auprès d’un certain Natsume. En revisitant les lieux d’élection de ce frère disparu, Sarah a l’espoir de se rapprocher, une dernière fois, de lui. Mais c’est sa propre histoire qu’elle va redécouvrir, à ses risques et périls.
Grâce à une écriture qui fait toute la place à la sensation, à l’impression, au paysage aussi bien intérieur qu’extérieur, Olivier Adam décrit les plus infimes mouvements du coeur et pose les grandes questions qui dérangent.


Oh my gold !
J'ai retrouvé un semblant de connexion après une panne qui n'était pas une panne d'après le Freeman qui du coup m'a facturé près de 50 € pour un dépannage qui n'était pas un dépannage ... le côté positif, c'est que nous avons à nouveau Canal + (il a amélioré notre débit ...) et c'est là que j'ai vu ça ...
Pas de doute, depuis la crise financière, les riches sont plus riches et les pauvres encore plus désespérés !
Moi qui ne suis ni riche, ni pauvre, je trouve ça de très mauvais goût, très bling-bling, très ostentatoire ... au Japon ou ailleurs, d'ailleurs ... un peu d'indignation, tout de même, non ?
"Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."
Stéphane HESSEL
Plus précieux à mon avis qu'un sapin de Noël de 2 millions de dollars ...
Yomimono, ongaku, fukeru ... *
Je n'ai plus de connexion, ce qui signifie également plus de téléphone, plus de télévision ...

alors j'écoute de la musique ...

je lis ...

et comme je ne suis douée, ni pour la couture, ni le tricot ...

je rêve aussi !
Et j'avoue qu'en ce moment, tout cela n'est pas pour me déplaire ;)
Les tendres plaintes

* lecture, musique, rêverie ... enfin, ceci est une traduction tout à fait artisanale ;)
Estampes de Utamaro Kiragawa (n° 2, 3, 4 et 5) et de Hosoda Eishi (n° 1)
Photo à Arashiyama, octobre 2009
Des commodités typiquement japonaises et un home sweet home pas nippon pour un yen ... ...
"Faire ainsi irruption alors que je suis dans une relation d'amour avec les chiffres est aussi inconvenant que si vous me surpreniez aux toilettes, savez-vous ?"
Surtout qu'on les trouve partout : dans les cafés, les restaurants, les hôtels, les grands magasins, les temples, les sanctuaires et même dans certains WC publics de quartier.
Kamakura ... la fin d'une longue journée ...
Parce que j'aime bien terminer ce que j'ai commencé ...
Je me souviens bien de cet instant : nous cherchions le restaurant où David (du Japon.fr) avait prévu de déjeuner. Il était déjà 3 h de l'après-midi et nous avions des kilomètres de collines, de temples, de sanctuaires, d'escaliers, de calades, etc. dans les jambes ... et l'estomac dans les talons. Le GPS nous a bien amené à la bonne adresse, mais point de restaurant en vue, ni âme qui vive alentours ... Je ne parle pas bien sûr des centaines d'écoliers qui visitaient Kamakura ce jour-là ;)
Finalement, nous avons décidé de nous diriger vers le bord mer ... La plage, en cette saison, n'était pas telle que je l'avais imaginée à la lecture du roman de Tanizaki, "Un amour insensé" ... mais nous avons tout de même dégoté un petit restaurant thaï, où j'ai, ma foi, dégusté un délicieux green curry.
Nous restait à rendre visite au Grand Bouddha. Malheureusement, le ciel s'était obscurci, mon humeur aussi d'ailleurs et je n'ai sans doute pas apprécié à sa juste valeur cette si célèbre statue ...
En fait, j'ai fait l'erreur de vouloir visiter Kamakura en une seule journée. Et dire que je voulais aussi aller jusqu'à Enoshima pour le coucher du soleil ! Enfin, ça c'est prévu dans un futur peut-être pas si lointain, car s'y trouve aussi un restaurant dont parle Taniguchi dans "Le gourmet solitaire" ...
"Je comptais ce soir-là avoir du travail jusqu'à neuf heures, mais l'affaire ayant été réglée plus vite, je quittai mon bureau vers huit heures. Comme d'habitude, je pris à Oimachi le train à traction électrique de la Compagnie nationale jusqu'à Yokohma, où je changeais pour un train à vapeur. Il ne devait pas être encore dix heures quand je descendis à Kamakura. Comme je rentrais tard tous les soirs - je dis : tous les soirs, encore que cela ne durât que depuis trois ou quatre jours à peine -, j'étais plus impatient que de coutume de me retrouver à la maison pour y contempler Naomi et me détendre en dînant lentement avec elle. Je pris donc un pousse-pousse à la sortie de la gare et nous nous engageâmes dans l'avenue qui passe devant la Villa Impériale.
Après une grande journée de bureau par une chaleur caniculaire et les secousses dans le train de retour, la fraîcheur nocturne de l'air marin était d'une indicible douceur et son contact avec la peau bien rafraîchissant. Il faut dire - cela n'était pas du tout exceptionnel - qu'il était encore tombé une ondée au coucher du soleil et que, des herbes mouillées, des aiguilles de pin laissant choir des gouttes de rosée, s'élevait une vapeur paisible que pénétraient insidieusement de délicates senteurs. De place en place, l'éclat d'une flaque d'eau jetait une lueur dans la nuit. Le sable du chemin était maintement juste assez sec pour retenir encore la poussière, et les pas du tireur de pousse s'y posaient aussi légèrement, aussi silencieusement que si l'homme eût marché sur du velours. Les accents d'un gramophone arrivaient de derrière une haie vive isolant ce qui devait être une maison de campagne. Quelques formes blanches en peignoir léger, seules ou par deux, flânaient, plutôt rares - tout à fait l'atmosphère d'une station estivale.
Je descendis devant la porte du jardin, renvoyai le pousse-pousse et me dirigeai vers la véranda. Je m'attendais à voir Naomi, au bruit de mes pas, tirer la cloison coulissante et apparaître aussitôt ; mais bien qu'une lampe brillât à l'intérieur, il n'y avait aucun signe qu'elle fût là ; un calme impressionnant régnait.
"Naomie ! ..."
Je renouvelai mon appel deux ou trois fois - toujours sans réponse. Je montai sur la véranda, tirai la cloison : la pièce était vide. Le désordre habituel : des maillots de bain, serviettes, peignoirs accrochés aux murs, aux portes coulissantes, dans l'alcôve décorative ; service à thé, cendriers, coussins traînant tels quels après usage - un vrai champ de bataille ; mais pas âme qui vive et une espèce de silence de mort. Avec toutefois cette intuition particulière que donne l'amour, je sentais que l'absence et le calme ne s'étaient pas instaurés là depuis seulement une minute ..."
Extrait de "Un amour insensé"
TANIZAKI Junichirô
Photos à Kamakura, mai 2010
Je suis déjà venue ici ...
"Elle avait le même âge que lui. Il enseignait la langue japonaise en tant que professeur principal dans l'école secondaire, annexe d'une université privée, que fréquentait sa fille à elle, âgée de quatorze ans.
Au mois de juin, l'adolescente à l'époque inscrite en deuxième année, s'était mise à sortir jusqu'à neuf ou dix heures du soir. Quand on la réprimandait, elle allait bouder dans sa chambre, enfermée à double tour. Ses résultats scolaires s'en ressentirent et chutèrent brusquement.
Naturellement, elle s'angoissait pour sa fille. D'autant que son mari, surchargé de travail, n'était presque jamais à la maison. De plus, elle entretenait de mauvais rapports avec sa belle-mère qui habitait une maison construite sur le même terrain familial. Une femme fort capable, au moindre problème concernant sa petite-fille, d'accuser sa bru.
Après la naissance de son bébé, elle avait gardé son emploi, et aujourd'hui, elle culpabilisait à l'idée que cela avait peut-être contribué à étouffer son instinct maternel. Elle voyait toujours sa fille comme une amie, s'imaginant que celle-ci ne lui cacherait rien.
Elle s'accusait d'avoir manqué de vigilance, en voyant que l'adolescente tournait mal. Pouquoi, avec son mari, n'arrivaient-ils jamais à discuter de leur enfant ? A la réflexion, leurs relations n'avaient rien de conjugal, c'étaient plutôt celles de deux personnes vivant sous le même toit.
Elle finit par ne plus savoir si c'était pour sa fille ou pour elle-même qu'elle s'inquiétait, murée dans une souffrance solitaire malgré la présence de sa famille. Et cette solitude l'effrayait. N'y tenant plus, elle courut demander conseil au professeur principal.
Il la reçut avec sollicitude. La chaleur de son regard et de ses paroles fit fondre instantanément ses dernières réticences. Elle eut l'impression d'ouvrir véritablement son coeur à quelqu'un, pour la première fois.
Les sorties nocturnes de sa fille s'espacèrent peu après, la situation s'avérant moins grave que prévu, mais la passion née entre elle et le professeur ne s'aténua pas. Au contraire, leur amour ne cessa de croître, et à l'automne suivant ils avaient du mal à se quitter ..."
"C'était leur deuxième voyage ensemble. Pour le premier, ils avaient passé la nuit dans un hôtel situé sur un plateau dominant les environs. Comme cette date coïncidait avec la sortie annuelle des employés de l'entreprise qui l'employait, elle avait menti à sa famille en leur annonçant sa participation à ce séjour. Et à son travail, elle avait prétexté un rhume pour ne pas accompagner ses collègues.
Ignorant tout de l'affaire, l'une d'elles lui avait rapporté des pâtisseries appelées onsen manjû, spécialité de la station thermale où s'était rendu le groupe.
Le lendemain, elle présenta à sa famille ces petites boules de pain farcies de haricots rouges, en déclarant qu'elle venait de récupérer ce cadeau acheté là-bas pour eux, mais qu'une collègue avait mis par erreur dans ses bagages.
Face à son mari, sa belle-mère et sa fille qui buvaient le thé préparé par ses soins et s'empiffraient de manjû, elle avait essayé de se lancer dans un timide travail d'introspection. Mais il ne régnait dans son moi qu'un profond silence, tel un lac au clair de lune par une nuit sans vent ..."
Extrait de "Je suis déjà venue ici", recueil de nouvelles de KOIKE Mariko
Picquier poche
Récits traduits du japonais par Karine CHESNEAU
Quatrième de couverture
Il souffle un vent de liberté et d'insolence sur ces onze récits de KOIKE Mariko, dont l'unité est si grande qu'ils forment autant de chapitres d'un même livre. Les hommes, et surtout les femmes, y affrontent la vie et l'amour sans se soucier de la morale et des convenances sociales. Si la tonalité de chaque histoire est différente, impossible de ne pas les lire toutes jusqu'au bout, tant le suspense s'installe, dès les premières lignes, porté par une écriture dense et bourrée d'énergie pour culminer en une chute inattendue.
KOIKE Mariko nous propose ici sa version du Japon contemporain, où les couples sont le plus souvent illégitimes et parfois improbables, où des femmes en rupture de ban vivent leur sexualité librement et cherchent leur vérité personnelle loin de tout modèle imposé.
Tout est dit, ou presque ! J'ai bien aimé ces nouvelles, ces secrets bien gardés (comme nous savons bien le faire, nous, les femmes ...) que KOIKE Mariko narre d'une façon aussi mystérieuse, sensuelle et pudique que mélancolique.
Si j'ai choisi ce titre, c'est bien évidemment pour vous faire connaître ce recueil de nouvelles, mais aussi en guise d'introduction - pour le titre - au petit reportage photo qui suit, mais pas que ... En fait, je voulais aussi vous parler de manjû et surtout d'azuki - de confiture d'azuki (anko) plus précisemment, car voila une semaine que j'en mange, à tout les sauces si on peut dire ;)
Les photos, ce sont celles prises au temple Tenjuan lors de mon dernier séjour à Kyoto, en juillet 2011. En pénétrant dans l'allée de ce petit temple, je me suis souvenue y être déjà venue, quelques années auparavant ... en 2007 plus exactement. Mais, à l'époque, j'avais confondu les photos avec celles prises au Nanzen-ji, qui se trouve juste à côté ! La preuve par l'image ICI, LA et encore LA ... Peut-être que mon shugotenshi (ange gardien), celui qui guide toujours (enfin presque) mes pas au bon endroit, m'a permis de réparer cette erreur ! Surtout que j'aime bien la précision, un peut trop parfois ... En tous les cas, je n'ai pas regretté d'être à nouveau venue ici !
Pour en revenir à la confiture d'azuki, figurez-vous que j'ai acheté une boîte d'anko chez mon épicier asiatique qui est ravi quand il me voit car je dévalise son rayon de produits japonais, qui, il faut le reconnaître, a un peu moins la cote depuis l'accident de la centrale de Fukushima. Même si la provenance des produits est bien indiquée ... enfin il me semble ...
Une boîte de 250 g de confiture d'azuki, ce n'est pas grand chose, me direz-vous ! Oui, mais voila, il n'y a que moi qui en mange (j'ai réussi à faire aimer le curry japonais à mon mari qui ne jurait que par les thaïlandais, mais l'azuki - des haricots rouges sucrés !! - tout comme le matcha, le tofu, etc., c'est pas gagné ! Ah oui, les algues aussi, il aime bien les salades d'algues !), et ça ne se conserve pas très longtemps au frigo cette chose-là. Donc, voila une semaine que je m'évertue à passer cet anko : avec du yaourt de soja (très bon), du tofu soyeux (un peu moins bon, mais mangeable), mais aussi :
En manjû ... enfin à ma façon qui est plutôt du style briochette fourrée à l'anko : ce qui est tout à fait délicieux d'ailleurs ! Il suffisait simplement que je fasse des boules de pâte plus petites avec beaucoup plus d'anko à l'intérieur, et qu'au lieu de les mettre dans des moules à muffins, je les pose directement sur une plaque en silicone. Mais voyez-vous, j'ai regardé la recette des manjû après ... Je vous donne tout de même les indications pour les briochettes car elles étaient vraiment réussies.
Pour une dizaine de petites brioches, j'ai mélangé 250 g de farine avec 1 sachet de (bonne cette fois ...) levure de boulanger et pétri le tout avec 3 c à soupe de lait et 3 c à soupe d'eau (le tout tiède). J'ai ensuite incorporé 2 oeufs, 1 c à café de sel, 2 c à soupe de sucre et longuement pétri jusqu'à obtention d'une pâte homogène (j'ai dû tout de même ajouter de la farine). J'ai alors incorporé en plusieurs fois 100 g de beurre ramolli et pétri jusqu'à ce que la pâte se détache bien de la terrine et l'ai laissée reposer.
Au bout d'une heure, j'ai à nouveau pétri la pâte et ai formé de petites boules dans lesquelles j'ai incorporé l'anko pour moi et de la confiture de fraise pour celui qui n'aime pas la confiture d'azuki ;) J'ai mis ces boules dans des moules à muffins en silicone de différentes formes et les aies laissées reposer 70 mn pour qu'elles montent. Avant de les enfourner 15 mn à 175°, je les aies badigeonnées de jaune d'oeuf délayé avec de l'eau tiède et parsemées de graines de pavot bleu.
J'aurais pu y ajouter de l'eau de fleur d'oranger ou du citron rapé, mais j'y ai pensé après ... tout comme pour la recette des manjûs ;)
Avec de la matcha jelly maison à l'agar-agar : pas très esthétique, mais matcha+anko = le Goût du Japon assuré !!
En dora yaki : tout simplement des petits pancakes (de chez Picard en l'occurrence) fourrés à l'anko. Là encore, je retrouve le goût du Japon !
Régime alimentation équilibrée ou pas, il faut bien que je vienne à bout de ma boîte d'anko ! En fait, tout cela a surtout remplacé mon bol de céréales du petit déjeuner ! Il m'en reste encore un peu, je crois bien que je vais faire de nouveaux essais avec de la gelée à l'agar-agar : c'est génial et surtout c'est zéro calorie assurée ;)
Culte ou pas, je n'aime pas le kitsouné ...
"Sur les bords ombreux de toutes les routes et dans les faubourgs de tous les villages, dans les vieux bois et les bosquets et sur la cime de toutes les collines, vous découvrirez, si vous voyagez à travers la province de Hondo, certain petit sanctuaire du culte shinto, sur le devant ou sur les côtés duquel des renards de pierre se tiennent assis. Généralement assemblés par paire, ils se font face l'un à l'autre ; très souvent aussi, c'est par dizaines, vingtaines et centaines qu'on les trouve réunis, mais alors de bien moindre dimensions.
Quelquefois, dans les villes les plus importantes de la cour de quelque grand miya, vous voyez accroupis et rangés par milliers autour du temple, une multitude innombrables de renards de toutes tailles, depuis le jouet d'enfant, haut de quelques pouces, jusqu'au colosse dont le piédestal s'élance au dessus de votre tête ...
Ces temples, comme chacun le sait, et ces chapelles, sont dédiés à Inari, le dieu du Riz.
Tous les renards, il y en a bons et de mauvais, sont doués d'une puissance surnaturelle. Les mauvais ont la frayeur de celui d'Inari, qui est un bon renard. Mais le pire d'entre eux est le "Ninko" (ou Hito-Kitsouné) l'Homme-Renard, qui est le renard spécial de la possession démoniaque. De la taille d'une belette et de forme à peu près identique, à l'exception de la queue qui est celle des renards ordinaires, on l'aperçoit rarement ; car il se garde invisible à tous, sauf à ceux auxquels il est attaché. Il aime à vivre dans la demeure des hommes et, nourri par eux, porte bonheur à la maison qui l'abrite. L'eau, par ses soins, ne manquera pas aux rizières ni le riz au pot-au-feu. Mais, malheur à la famille qui l'aurait offensé ... c'est la perte des récoles !
Le renard sauvage (Nogitsouné) n'est pas meilleur. Lui aussi parfois prend possession des hommes, mais c'est plutôt un enchanteur qui préfère user de sorcellerie. Comme l'autre, invisible, il peut revêtir telle forme qui lui plait ; les chiens seuls ont le don de le découvrir ; aussi les redoute-il particulièrement. Toutefois, même en ses métamorphoses, si son "ombre" vient à passer sur les eaux, celles-ci ne réfléchiront que sa forme de renard. Les paysan le tue : mais qui tue un renard court le risque d'être ensorcelé par ceux de son espèce, ou peut-être par le ki, son fantôme. Par contre, celui qui a mangé la chair d'un renard est à jamais préservé de l'enchantement.
Le Nogistsouné, de même que le Ninko, élit domicile dans la maison. Les familles qui les entretiennent n'abritent le plus souvent sous leur toit que la plus petite espèce, mais elles y peuvent, toutes deux, cohabiter occasionnellement. Certains affirment que le renard parvenu à l'âge de cent ans devient alors complètement blanc et prend, alors, rang parmi les Renards d'Inari.
Ces croyances impliquent de nombreuses contradictions. Il s'en glissera plus d'une au cours de cette étude, la superstition du renard étant, à la vérité, d'une définition difficile tant à cause de la confusion d'idées des adeptes mêmes qu'en raison de la la variété des éléments qui l'ont formée. D'origine chinoise, elle s'est bizarrement confondue avec le culte d'une divinité shintoïste, puis modifiée et développée par les concepts bouddhiques de thaumaturgie et de magie.
Quant aux gens du peuple, leur dévotion aux renards semble surtout s'expliquer par la peur : le paysan honore toujours ce qu'il craint."
Ce texte est extrait de l'ouvrage de Lafcadio Hearn, "Le Japon Inconnu". C'est dans ce petit sanctuaire de Matsue, le Jazan-Inari, que Lafcadio Hearn aimait à se recueillir et, sans doute, y a-t-il trouvé l'athmosphère propice à l'inspiration pour ses écrits sur ces cultes et superstitions nippones.
Sincèrement, je me sens toujours mal à l'aise dans ces sanctuaires dédiés à Inari : j'ai eu la même impression, amplifiée d'ailleurs, à Fushimi Inari ... Je confirme, je n'aime pas les kitsouné !
Ceci dit, je continue tout de même la visite, ne serait-ce que pour les adorables lanternes de pierre nichées dans leur écrin d'hortensias ;)
Matsue, le 29 juin 2011
La balade d'Arashiyama ...

A la sortie de la gare d'Arashiyama, prendre la première rue à droite, puis à gauche, puis encore à droite ... c'est plus facile de suivre ces deux charmantes dames en kimono traditionnel. Je plaisante, je connais bien le coin pour y être allée plusieurs fois ;)
Je disais donc, à la sortie de la gare prendre à droite, puis la direction de 竹の (c'est toujours utile d'avoir un guide avec des indications en japonais pour repérer les indications sur les panneaux directionnels en ... japonais), traverser la forêt de bambous et monter jusqu'à Okochi Sanso pour admirer la vue sur Kyôto, mais aussi, instant Asiemuthé, déguster un bol de matcha dans un jardin de bambous avant de redescendre vers le Tenryuji. Mais ça, c'est une autre histoire ...
Cela risque d'être un peu long ... mais je voulais que ce soit une vraie balade automnale et, pragmatique comme je suis, j'ai même respecté le déroulé de la promenade ;)
Petite précision : j'ai bien pris le thé à l'Okochi Sanso, mais c'était deux ans auparavant, en juillet 2007 (lien vers Asiemutée). En fait, j'ai déjeuné et pris le thé au Tenryuji dans l'enceinte duquel se trouve un restaurant végétarien renommé.
Photos à Arashiyama, région de Kyoto, octobre 2009
Dimanche à Tokyo ... et de la cuisine, locale cette fois ...
Virtuel, bien sûr, mais un dimanche à Tokyo sur la toile, avec Tokyo Sonata de Kiyoshi KUROSAWA, déjà vu, mais cette fois-ci en version originale sous titrée ... beaucoup de grâce et d'émotion dans ce magnifique film et la preuve que si parfois tout semble perdu, tout peut aussi recommencer ...
Dimanche virtuel encore, mais sur ce blog, qui, bien que désormais domicilié rue Linière, me transporte chaque dimanche dans un quartier de Tokyo. Il suffit de prendre la Yamanote et de descendre à la station ... Sugamo aujourd'hui. Son auteure, qui m'a fait aimer Tokyo à travers ses récits lorsqu'elle y vivait, a un talent rare pour décrire ces petits riens, ces gestes, ces attitudes, autant d'instants rares et précieux, qui font de cette mégalopole tentaculaire un lieu si attachant.
Quelques vidéos oubliées ... faites à Tokyo en mai 2010
Bien réel par contre mon week-end ici, sous le soleil encore, même s'il commence à manquer de mordant ... Il y a eu l'incontournable marché italien : poivrons/aubergines/tomates cerise/patates douces/betteraves crues/parmigiano reggiano/ricotta de brebis/raisin de Sicile/les fameuses fraises de San Biago (eh oui, encore ...)/pommes/grenade/figues/noisettes ... entre autres ...
Scones salés au potimarron de chez Cléa cuisine ... ici à la patate douce faute de potimarron ...
Assez réussis, pour une première tentative ;) Pour les réaliser il faut notamment, de la farine, bien sûr, de la polenta, des oeufs, de l'huile d'olive, du fromage frais (j'ai utlisé la ricotta de brebis) et des cranberries séchées ou des raisins secs ... J'ai utilisé des cranberries, j'aime bien cette petite pointe d'acidité.
A déguster - avec ou sans modération - au petit-déjeuner, pour le goûter, en accompagnement d'une salade ...
Pour la recette, je vous mets le lien vers celle de Cléa, ICI.
Poivrons grillés à l'huile d'olive et au thym ...
Une recette toute simple : faire griller les poivrons au four puis les laisser refroidir pour enlever la peau et l'intérieur. Les couper en lanières et assaisonner d'huile d'olive, de sel et de poivre. Servir avec du thym frais et de l'ail pour ceux qui aiment.
Petites aubergines à la parmigiana : j'ai coupé les petites aubergines en deux et les aies mises au four (180°) 1/2 h. Pendant ce temps, j'ai préparé une sauce tomate à l'huile d'olive avec des tomates fraîches, de l'ail, de l'oignon et du thym, assaisonnée de sel et de poivre. J'ai sorti mes aubergines du four, j'ai mis une couche d'une préparation à base de crème de son d'avoine et de parmigiano reggiano (à la place de la crème béchamel), puis la sauce tomate et une tomate cerise, un filet d'huile d'olive et enfourné le tout 1/4 d'heure en fonction grill. Il ne me manquait que quelques feuilles de basilic frais ...
J'ai profité de ce que le four tounait à plein régime pour faire cuire la betterave crue. Pour cela je l'ai tout simplement enrobée dans du papier sulfurisé et laissé cuire une heure et demi environ. Délicieux avec un filet d'huile d'olive, du citron, du gomasio (sel et graines de sésame roties) et du poivre.
La pichade mentonnaise : une version locale de la fameuse pissaladière niçoise à laquelle on ajoute de la tomate fraîche.
Je ne suis pas très satisfaite car la pâte n'a pas trop levé ... la faute sans doute à la levure de boulanger que j'ai utilisée : sèche au lieu de fraîche.
Là aussi, je vous mets un lien vers une recette, ICI. Pour la pâte, vous pouvez demander à votre boulanger de vous vendre de la pâte à pain. Cela m'arrive quelques fois, c'est plus sûr ;) même si je ne la rate que très rarement ...
Enfin, pour finir, les petites fraises de San Biagio - des mara des bois - que j'ai réussi à dégoter sur le marché de Vintimille ...
tout simplement assaisonnées avec du miel millefiori de Pigna (un petit village sur les hauteurs de Vintimille) et du jus d'orange et de citron de Menton.
Juste pour être cohérente avec mes propos par rapport à mon régime : j'ai une alimentation bien plus légère en semaine, mais le week-end, je me lâche !! Je n'ai pas pour autant mangé de grandes quantités : j'arrive depuis quelques temps à être rassasiée très vite, à maîtriser ma gourmandise pour qu'elle ne se transforme pas en goinfrerie !
Haki et ginkgo biloba ... mais aussi un peu de douceurs ...

Haki signifie automne en japonais.
Quant au ginkgo biloba, il est bien connu chez nous, pour ses vertus thérapeutiques notamment.
Au Japon, on l'appelle "l'arbre aux quarante écus", pour cette merveilleuse couleur or dont se parent ses feuilles d'automne.
C'est aussi beau que les très célèbres feuillages des érables en automne, le "momiji".
Le ginkgo biloba est un arbre étonnant, une véritable "fossile" vivant. Apparu sur terre il y a plus de 250 millions d'années, c'est la plus ancienne espèce d'arbre connue. Il a résisté à tous les changements et bouleversements climatiques connus sur la terre.
Originaire de Chine, il a été implanté au Japon au XIIe siècle, puis en Europe au XVIIe siècle.
Les ginkgos biloba sont très résistants et peuvent vivre plus de 2.500 ans.
C'est le premier arbre qui repoussa à Hiroshima dans la zone dévastée par la bombe atomique en 1945.
Ainsi, pour les japonais, le ginkgo biloba est le symbole de la croissance et de la longévité. Sa feuille est devenue en 1989 symbole de la ville de Tokyo.
Ses fruits, arrivent à maturité à l'automne et prennent une belle teinte orangée. Si on ne les voit pas, on les sent : une odeur très forte, pas agréable du tout. Ils ne se mangent pas, mais les asiatiques sont friands de leurs noyaux qui recèlent une amande qu'ils font griller, un peu comme une châtaigne.
Ici aussi, l'automne est arrivé avec son lot de pluie, de vent, de chaud et froid, de grisaille : tout ce que je déteste et qui me rend morose ! Et dire que j'ai pris ces photos il y a 3 ans, jour pour jour ... c'était en effet le 19 octobre 2009 où il y avait un ciel si bleu et une douce chaleur à Kyoto ; un vrai été indien !
Bon, je ne vais pas vous montrer des photos de la Côte sous la pluie : c'est définitivement trop moche ! Plutôt une image très traditionnelle des rues du vieux Kyoto et un dessin de Jun Ayafuya ...
A choisir, je préfère me réfugier dans mes quartiers lointains ;)
Et, pour me réconforter, j'essaie de retrouver le goût du Japon en faisant une petite entorse au régime du moment. Les muffins sont au kabocha - trouvé par chance chez mon épicier japonais - et le thé, Genmaicha, ramené de Kyoto cet été ...
Petits muffins au kabocha et madeleines improvisées
(j'avais trop d'appareil et un seul moule en silicone pour les muffins ...)
J'ai cuit le demi kabocha à la vapeur avec sa peau (j'en ai utilisé une moitié pour les muffins et réservé l'autre pour accompagner du tofu ...) puis je l'ai réduit en purée avec 60 ml de lait d'avoine. J'ai ajouté à cette purée 2 c à c de crème de son d'avoine, un jaune d'oeuf, 1 c à c de vanille de Madagascar et de fleur d'oranger, 30 gr de beurre et 50 gr de sucre.
Dans un autre plat creux j'ai mis 80 gr de farine, 80 gr de noisettes réduites en poudre et 1/2 sachet de levure chimique, puis mélangé l'ensemble de la préparation.
J'ai battu le blanc d'oeuf en neige que j'ai incorporé à mon appareil et versé dans les moules en silicone à muffins et à madeleines.
J'ai parsemé les muffins de graines de potiron et les madeleines d'éclats de noisettes fraîches et enfourné le tout 20 mn à 180 °.
(Tous les produits utilisés, sauf le kabocha, sont bio)
Je vous assure que je me suis régalée en dégustant ces petites douceurs avec un thé Genmaicha. J'ai d'ailleurs "englouti" la dernière madeleine en rentrant du travail ce soir ... Ces petits gâteaux se conservent très bien plusieurs jours dans une boîte hermétique : ils n'en sont que meilleurs en fait !
Le Genmaicha (sur la photo, à gauche) est un mélange de thé vert japonais, le Bancha, de grains de riz grillé et de maïs soufflé. Le Genmaicha, littéralement "thé de riz brun", a un arrière goût de noisette tout à fait approprié pour ces muffins.
A l'origine, il était bu par les japonais aux revenus très modestes, le riz servant à diminuer la part de thé dans le mélange et à en réduire le prix.
Il est aujourd'hui très populaire au Japon et se boit aussi bien chaud que froid.
Le lendemain, j'ai utilisé le reste du kabocha au déjeuner en le faisant revenir avec du tofu ferme, du tamari (une des meilleures sauces soja japonaises) de la ciboulette, du poivre et des graines de sésame noir.
En recherchant une photo que l'on m'avait demandée sur Takayama, j'ai retrouvé ces clichés d'un jardin potager pris en juillet 2008. Je ne me rappelais pas avoir photographié un kabocha dans son élément on ne peut plus naturel ...
ce faisan ? volatile non plus d'ailleurs ;)
Photos à Kyoto en octobre 2009 et à Takayama (alpes japonaises) en juillet 2008
La chambre de thé du Ritsurin ...
Pluie presque diluvienne ce 3 juillet 2011 sur Takamatsu, vous vous en souvenez peut-être, je vous avais envoyé une carte postale avec le héron s'abritant sous un pin, et puis il y a eu, ici, les lotus de l'étang du Ritsurin koen.
Alors que la pluie redoublait d'intensité, je me suis, moi aussi, abritée, pas sous un arbre, mais dans la chambre de thé qui se trouve près de l'étang aux lotus.
Une simple cabane
"La chambre de thé - suki-ya - ne prétend pas être autre chose qu'une simple cabane - une hutte de paille, ainsi que nous l'appelons. Les caractères originaux composant le mot suki-ya signifient "Maison de la Fantaisie". Par la suite, les différents maîtres y ont substitué certains caractères chinois, traduisant leur conception personnelle de la chambre de thé ; ainsi suki-ya peut encore désigner la "Maison de la Vacuité" ou la "Maison de l'Asymétrique". La chambre de thé est à l'évidence une Maison de la Fantaisie puisqu'elle apparaît comme une structure éphémère construite à seule fin d'abriter une impulsion poétique. Elle est aussi une Maison du Vide en ce qu'elle est dénuée de toute ornementation, hormis ce qui peut y être placé pour satisfaire une nécessité esthétique passagère. Elle est, enfin, une Maison de l'Asymétrique parce qu'elle se voue au culte de l'Imparfait, et qu'on y laisse volontairement une part d'inachevé que le jeu de l'imagination peut compléter à sa guise. Depuis le XXe siècle, les idéaux de la voie du thé ont exercé une telle influence sur notre architecture que l'intérieur japonais d'aujourd'hui paraît presque dépouillé aux yeux d'un étranger, tant sont extrêmes la simplicité et la pureté de sa décoration."
Une profonde méditation artistique
"A l'origine, la chambre de thé n'était qu'une partie d'un salon ordinaire séparée du reste de la pièce par des paravents. Cet espace fut appelé kakoi (enclos), nom que l'on donne encore aujourd'hui aux chambres de thé aménagées à l'intérieur d'une maison.
Le suku-ya se compose de la chambre de thé proprement dite, conçue pour ne pas abriter plus de cinq personnes - nombre qui évoque le dicton Plus que les Grâces et moins que les Muses - ; d'une antichambre (mitsuya), où l'on lave et prépare les ustensiles nécessaires avant de les apporter dans la chambre ; d'un portique (machi-ai), où les invités attendent jusqu'à ce qu'on les convie à entrer, et d'une allée (roji) reliant le portique à la chambre de thé. Celle-ci est d'apparence modeste, plus petite même que la plus petite des maisons japonaises - et les matériaux employés pour sa construction doivent suggérer une pauvreté raffinée. Tout cela, ne l'oublions pas, est le fruit d'une profonde méditation artistique ; les détails ont été ici exécutés avec une attention plus grande encore que celle apportée à la construction des temples ou des palais les plus somptueux. Une bonne chambre de thé coûte plus cher qu'une habitation ordinaire, car le choix des matériaux, comme leur mise en oeuvre, exige un soin et une précision immenses. Les charpentiers employés par les maîtres de thé forment du reste une corporation artisanale et distincte et hautement considérée, dont les oeuvres sont réputées aussi délicates et précieuses que celles d'un fabricant de meubles laqués."
L'art de la simplicité
"La simplicité et la nature épurée de la chambre de thé résulte de l'émulation inspirée par l'architecture zen.
Tous adeptes du zen, les grands maîtres de thé s'efforcent d'introduire l'esprit de cette philosophie dans la matière même de la vie. Aussi la chambre de thé et l'ensemble du matériel nécessaire à la cérémonie apparaissent-ils comme les reflets de la doctrine. Les dimensions de la chambre de thé orthodoxe, à savoir quatre nattes et demie ou six pieds carrés, sont déterminées dans un passage du soûtra de Vimalakîrti. Selon cet ouvrage admirable, Vimalakîrti reçut un jour le bodhisattva Manjushrî, accompagné de quatre-vingt-quatre mille disciples du Bouddha dans une pièce de cette dimension - allégorie fondée sur la théorie de la non-existence de l'espace pour les vrais éveillés. En outre, le roji, cette allée de jardin qui mène du portique à la chambre de thé proprement dite, symbolise le premier stade de la méditation - le passage dans l'auto-illumination. Traverser le roji, c'est rompre tout lien avec le monde du dehors et découvrir une sensation de fraîcheur préparant à la jouissance esthétique de la chambre de thé elle-même."
Un idéal de propreté
"L'anecdote suivante témoigne assez de cet idéal de propreté cher aux maîtres de thé.
Un jour, Rikyû regardait son fils Shoan occupé à balayer et à arroser l'allée du jardin.
"Pas assez propre !" décréta le maître quand son fils eut achevé sa tâche, et il le somma de recommencer. Après une heure de travail épuisant, le jeune homme se tourna vers Rikyû :
- Père, dit-ils, je ne puis rien faire de plus. J'ai lavé trois fois les dalles, arrosé les lanternes de pierre et les arbustes ; la mousse et les lichens brillent comme une verdure rafraîchissante. Je n'ai pas laissé la moindre brindille ni la moindre feuille sur le sol.
- Jeune sot, le tança le maître. Ce n'est pas ainsi qu'il convient de balayer une allée.
Sur ces mots, Rikyû descendit dans le jardin, secoua un arbre et répandit ça et là des feuilles d'or et de pourpre, comme autant d'éclats d'un brocart automnal. Car Rikyû n'exigeait pas seulement la propreté, mais aussi une beauté qui ne parût point artificielle."
Extraits de l'ouvrage de OKAKURA Kakuzô "Le Livre du thé"
Photos prises à Takamatsu (Shikoku) le 3 juillet 2011
Les céramiques de Keiko Matsui et un peu de fusion-food ...

Keiko MATSUI est une jeune et talentueuse céramiste Japonaise, originaire d'Osaka, installée en Australie où elle est une artiste reconnue et appréciée.
Comme j'aime bien les associations (et que je manque cruellement d'imagination pour vous parler du Japon ...), j'ai fait quelques montages avec les objets de l'artiste et mes photos de là-bas.

Je suis très sensible à la simplicité et au côté épuré de ces objets, à leur grâce extrêmement féminine ; j'aime la porcelaine blanche, la céramique, le bois brut, les matières pures et légères ...
Simplicité et légèreté aussi dans ma cuisine du moment ... été languissant oblige, les courgettes trompette et les fraises viennent de petits producteurs locaux, sur les hauteurs de Bordighera, de San Biago Della Cima plus précisément. Un petit peu au régime en ce moment, je m'inspire du régime méditerranéen et du régime d'Okinawa.
J'ai râpé les courgettes et je les ai assaisonnées avec très peu d'huile d'olive, un filet de combava (je n'ai pas trouvé de yuzu chez mon épicier asiatique), de la fleur de sel et quelques graines de sésame noir. Ces courgettes qui ont été cueillies le matin même ont un goût de noisette fraîche qui se marie très bien avec le sésame noir.
Le combava est un agrume qui pousse notamment en Asie du Sud-Est. Le goût est proche de celui du citron vert, mais bien plus subtil et parfumé. On se sert également de ses zestes pour parfumer les curry au lait de coco, les soupes thaï, les desserts. Puisque j'évoque ici la Thaïlande - l'autre pays d'Asie très cher à mon coeur - je ne peux qu'avoir une pensée très émue quant au sort de ces pauvres gens victimes des terribles inondations causées par une mousson, certes indispensable, mais terriblement meurtrière cette année. J'y ai des amis, des connaissances, et c'est un peuple dont la gentillesse et l'hospitalité me touchent beaucoup.
Pour en revenir à mon quotidien, le reste des courgettes et les fleurs ont fini en omelette ce midi.
"A Okinawa, on dévore des palettes entières de hechima, une sorte de courgette aussi douce que la nôtre. Sauf que la leur renferme une protéine spéciale propre à stimuler les défenses immunitaires. Les diverses études poussées portant sur ce légume concluent à de probables aptitudes anticancer et antivirales, mais il faut étudier la chose de plus près pour s'en assurer.
Chez nous, notre bonne vieille courgette (pas si vieille car elle est apparue en France dans les années 20 et a migré de la Côte d'Azur vers le nord de la France il y a seulement plus d'une vingtaine d'années) possède un atout de taille : sa densité calorique est extrêmement faible, pour un apport minéral tout à fait honorable.
On peut la râper, crue donc, dans une salade de crudités.
Détaillée en rondelles, dans une poêle - ou un wok - avec toutes les viandes, tous les poissons, le tofu et même au beau milieu d'une omelette."
Extrait de "100 réflexes Okinawa" d'Anne DUFOUR
Chez nous, on la cuisine aussi en beignets salés - les beignets de fleurs de courge de ma grand-mère sont un peu une de mes ma madeleine de Proust - avec une pâte extrêmement légère, aérienne. Mais également en tourte salée, en gratin, ou tout simplement blanchies ou cuites à la vapeur pour qu'elles restent bien croquantes, avec de la bonne huile d'olive, du sel et du poivre.
Les fraises de San Biago della Cima sont apparues il y a peu de temps sur le marché de la Ligurie. Les producteurs essaient de concurrencer la fameuse fraise de Carros. En pleine saison, elle est aussi bonne, parfumée, sucrée, et moins chère que sa concurrente azuréenne. Les restaurants de la Riviera Ligure l'ont adoptée, moi aussi ... Ce sont sans doute les dernières et, si elles manquent un peu de sucre, elles sont encore très parfumées et goûteuses.
Un dessert sain et tout simple : je les aies associées avec un yaourt de soja bio, saupoudré de thé vert matcha. J'utilise beaucoup de produits biologiques, tant que faire se peut ...
"A Okinawa, on mange du soja comme ches nous des steaks-frites. Cet aliment traditionnel de base, extrêment ancré dans la culture, présente de nombreux intérêts pour la santé, mais aussi culinaires et économiques. D'abord, il se décline sous de multiples formes.
Le soja, fermenté ou non, pâteux (tofu, miso, tempeh), liquide (tonyu et sauce) ou solide (germes, graines grillées), est un incontournable de l'univers asiatique depuis des millénaires. Avec les légumes et les céréales, il représente la base de l'alimentation à Okinawa.
Les chercheurs du monde entier étudient cet aliment polyvalent et bénéfique à la santé. C'est sur, le soja aide à mincir, protège des maladies cardiaques et des attaques cérébrales, participe à la prévention de certains cancers, notamment ceux du sein, de l'utérus, de la prostate, du côlon, de l'estomac et du poumon.
Les femmes asiatiques ont 6 fois moins de cancer du sein que les occidentales. On attribue en grande partie cette protection à la consommation de soja et d'algues.
Il améliore le fonctionnement du cerveau, aide à prévenir le diabète et à stabiliser la glycémie. Il protège squelette, limite le risque de maladie rénale et de calcul biliaire et favorise la santé intestinale grâce à ses probiotiques (uniquement dans le miso)."
Extrait de "100 réflexes Okinawa"
Je ne prends pas bien sûr tout au pied de la lettre et je m'informe aussi de ce que disent les détracteurs avertis. Si je consomme beaucoup de produits à base de soja, bio essentiellement, c'est tout d'abord pour remplacer les produits laitiers, mais aussi la viande que je remplace par toutes sortes de tofus. Mais c'est également une question de goût - je préfère un curry au tofu et à la patate douce qu'un boeuf bourguignon ou un navarin d'agneau - et de bien-être.
J'aime aussi associer aux produits de ma région les aliments d'origines diverses que j'ai eu la chance de goûter et d'apprécier au gré de mes voyages. C'est pourquoi je parle de fusion-food, terme mis au goût du jour par de grands cuisiniers (Ducasse, Mars, Robuchon & Cie) dont la cuisine très inventive est inspirée notamment par les produits exotiques et l'art culinaire du Japon et de la Thaïlande pour ce qui concerne l'Asie.
J'ai rarement autant parlé de cuisine sur ce blog ! Il faut tout de même que je vous avoue une chose : je ne suis jamais aussi intéressée par la cuisine sous toutes ses formes que quand je suis un régime (juste quelques petits kilos à perdre, mais passé la cinquantaine, près de la soixantaine même - quelle horreur ! - cela ressemble aux travaux de Sisyphe). Tout y passe : les livres de cuisine, les recettes des magazines, les blogs culinaires ...
Me connaissant, je crois que c'est aussi pour me lancer un défi, tester ma résistance, mais également parce que finalement, lire, c'est bien connu, ça ne fait pas grossir ;)
Un week-end bien ordinaire, mais à la manière de Sei Shonagon ...
Choses qui me rendent nostalgique
Penser que ce week-end était peut-être celui du dernier bain ... de mer, pas de soleil, j'espère ...
Choses qui me ravissent
Mes doigts de pieds en éventail au bord de l'eau, mais aussi bien à l'aise dans mes nouvelles ballerines rouges (n'est-ce pas Marie ?).
Mais aussi le bleu si pur du ciel d'octobre ...
Choses que je ne manquerais pour rien au monde
Faire mon marché du samedi en Italie : légumes, fruits et produits biologiques entre autres ...
Choses qui aiguisent ma gourmandise
En ce moment, c'est le potimarron ... vous l'aurez remarqué sans doute ;)
En gratin, pour deux :
1/2 potimarron
une poignée de riz Arborio, de l'oignon, de l'ail,
le tout revenu dans de l'huile d'olive vierge Taggiasque,
assaisonné de fleur de sel et poivre noir du Kerala.
On laisse refroidir puis on ajoute
un oeuf, un peu de crème d'avoine (ou de crème fraîche).
On dresse dans un plat allant au four ou dans deux petites cassolettes,
puis on saupoudre d'un mélange de son d'avoine, de Wasa au seigle (ou de chapelure)
et de parmesan Reggiano, le tout passé au mixeur.
Une demi-heure de cuisson à 180° et c'est prêt à être dégusté avec une bonne salade de saison,
ou en accompagnement d'une viande blanche pour les non végétariens.
Un dessert tout simple, mais bien de saison : la compote de pommes. Ici des Pink Ladies du Piemont cuites dans du thé noir avec quelques zestes de citron (de Menton ...) et du miel de thym.
Choses qui me rappellent l'enfance
L'heure du goûter ...
Ici, le fameux "gâteau d'automne au potimarron et aux épices" de Cléa Cuisine que j'ai réalisé avec le reste du potimarron. C'est une vraie "tuerie", comme on dit sur les blogs culinaires, même si cette fois-ci, je l'ai laissé un peu trop cuire ... Je vous mets le lien pour la recette ICI.
Choses qui font que ce blog existe
Ce ne sont pas, n'ayez crainte, les recettes de cuisine ;) mais encore et toujours le Japon : du thé matcha et le talentueux Murakami Haruki (qui, comme a dit Zazouille a encore loupé le Nobel de Littérature, mais qui l'aura un jour, j'en suis sûre) pour rendre l'heure ensoleillée du goûter encore plus douce et réjouissante.
Choses d'une extrême délicatesse
"Fukaéri était assise à sa table et buvait un grand verre de jus de tomate. Elle portait les mêmes vêtements qu'à son arrivée. Une chemise d'homme rayée, un jean étroit. Mais elle lui parut tout à fait différente. Il lui fallut un peu de temps pour comprendre qu'elle avait seulement relevé et attaché ses cheveux. Et que, par conséquent, ses oreilles et sa nuque étaient entièrement découvertes. Et ses petites oreilles roses, qu'on aurait dites poudrées à l'aide d'une douce houppette, semblaient tout juste avoir été créées. Formées sur des critères uniquement esthétiques. Bien davantage que pour percevoir des sons. Du moins, telles que les voyait Tengo. Et au-dessous, dans leur prolongation, son cou fin et délicat resplendissait comme un frais végétal mûri sous un généreux soleil. Un cou d'une pureté sans réserve, qui s'accorderait avec la rosée du matin et les coccinelles. Il la voyait ainsi pour la première fois. C'était une vision presque miraculeuse, belle et intime à la fois."
1Q84 - Livre 2 "Juillet/Septembre"
MURAKAMI Haruki
Photos (Iphone et Nikon) prises au Cap-Martin, à Menton et en Italie ce week-end.
Un, deux, trois ...
xx
S O L E I L



Toujours dans ma quête de paysage à consonance automnale, je découvre ces photos prises en octobre 2010 dans les environs de Kyoto (magie du numérique ...).
Je ne me rappelais plus que le soleil et moi avions, ce jour-là, joué à cache-cache dans les bois ...
LETTRES
Trois lettres, adressées au même homme par trois femmes différentes, forment la texture tragique de ce récit singulier. Au départ, une banale histoire d'adultère. A l'arrivée, l'une des plus belles histoires d'amour de la littérature contemporaine. Ce petit roman épistolaire, Le Fusil de chasse, a été écrit dans une langue subtilement dépouillée par Yasushi INOUE. Une histoire pour l'éternité, à lire et à relire, un des ouvrages que j'emporterais sur mon île déserte ; ce jour là, il me faudra une malle conséquente ;)
"Cher Josuke, l'avouerai-je? Je sais tout sur vous et Mère. Je l'ai appris le jour même où Mère est morte. En cachette j'ai lu son Journal.
Si je devais vous dire ceci de vive voix, comme cela me serait difficile! Sans compter ce que ma tentative pourrait avoir de pénible, il me serait sans doute impossible de vous adresser la parole sans incohérence. Je suis capable, en ce moment, de m'expliquer uniquement parce que je vous ecris. Non que je sois remplie d'effroi ou d'horreur : je ne le suis que de tristesse. Mas langue est paralysée par le chagrin, un chagrin qui ne concerne pas seulement Mère, ou vous, ou moi, mais qui embrasse toutes choses : le ciel bleu au-dessus de moi, le soleil d'octobre, l'écorce sombre des myrtes, les tiges de bambou balancées par le vent, même l'eau, les pierres et la terre. Tout ce qui dans la nature frappe mon regard se colore de tristesse quand j'essaie de parler. Depuis le jour où j'ai lu le Journal de Mère, j'ai remarqué que la Nature changeait de couleur plusieurs fois par jour, et qu'elle en change soudainement, comme à l'instant où le soleil disparaît, caché par des nuages. Dès que ma pensée se porte vers vous et Mère, tout ce qui m'entoure devient autre. Le saviez-vous? En plus des trente couleurs au moins que contient une boîte de peinture, il en existe une, qui est propre à la tristesse et que l'oeil humain peut fort bien percevoir."
FEMMES

Trois femmes, prix Nobel de la Paix ♥ ♥ ♥ je viens de l'apprendre en écoutant France-Inter alors que je rédigeais ce post ...
Tawakkol Karman, icône du mouvement de protestation populaire yéménite, Ellen Johnson Sirleaf, la présidente du Libéria, et la militante pacifiste libérienne Leymah Gbowee, se partagent le prix Nobel de la Paix 2011 !
Trois lauréates sont récompensées «pour leur lutte non violente en faveur de la sécurité des femmes et de leurs droits à participer aux processus de paix».
Le comité Nobel espère que le prix décerné à ces trois femmes "contribuera à mettre fin à la répression dont les femmes sont toujours victimes dans de nombreux pays et à exprimer le grand potentiel que les femmes peuvent représenter pour la paix et la démocratie."
I hope so for you, sisters !!
♥♥♥♥♥♥♥♥♥
Le presque trop parfait Adachi garden ...
Je viens d'entamer le livre 2 et je me rends compte que je n'ai pratiquement pas publié d'extraits de 1Q84 livre 1 "avril - juin" . Je ne suis pas déçue par cette oeuvre de Murakami, bien au contraire, je retrouve ici son écriture simple, épurée, ses personnages toujours aussi attachants et je me laisse, une fois de plus, entraîner dans son univers irrationnel, étrange et fascinant ...
"Après avoir remanié "La Chrysalide de l'Air" durant dix jours, après l'avoir perfectionnée et avoir peiné à en faire une oeuvre, somme toute, nouvelle, après l'avoir transmise à Komatsu, Tengo connut une période paisible, comme dans une bonace. Il se rendit à l'école préparatoire trois fois par semaine, rencontra sa petite amie mariée. Le reste du temps, il s'occupa de son ménage, se promena, se consacra à l'écriture de son roman. Et le mois d'avril s'en alla ainsi, les fleurs de cerisiers s'éparpillèrent, les jeunes pousses firent leur apparition, les magnolias s'épanouirent, la saison amorça une nouvelle phase. Les jours s'écoulaient sans dérèglement, sans heurt ni incident. C'était précisément la vie que souhaitait Tengo - une semaine se liait à la suivante mécaniquement, comme en continu.
Pourtant, il lui semblait qu'un changement était intervenu. Un bon. Il avait l'impression que, en écrivant, une nouvelle source jaillissait en lui. Non que l'eau en sorte à profusion. C'était plutôt une source modeste qui sourdrait d'entre des rochers. Mais, même si son débit était faible, il semblait ininterrompu. Tengo ne devait pas se hâter. Ni s'impatienter. Il pouvait attendre le temps qu'il faudrait pour qu'il y ait suffisamment d'eau dans le creux des roches et qu'il y puise avec les mains. Ensuite, assis à sa table, il n'avait plus qu'à transcrire sous forme de phrases ce qu'il avait glané. Et ainsi l'histoire avançait naturellement.
En s'absorbant sans relâche dans la réécriture de "La Chrysalide de l'Air", peut-être avait-il déplacé la roche qui obstruait cette source. Tengo ne comprenait pas très bien la raison qui avait rendu cela possible. Pourtant, par contrecoup, il était certain qu'un "pesant couvercle avait enfin été ôté". Il se sentait léger, comme s'il s'était extirpé d'un espace trop confiné. On aurait dit que ses membres pouvaient enfin s'allonger à leur guise. Le texte de "La Chrysalide de l'Air" avait peut-être activement stimulé quelque chose qui se trouvait à l'intérieur de lui depuis toujours.
Tengo constatait qu'une sorte de désir était né en lui. Il ne se souvenait pas d'avoir été gratifié de ce genre d'émotion jusque-là. Depuis le lycée jusqu'à l'université, ses aînés ou ses entraîneurs de judo lui avaient souvent répété : "Tu as l'étoffe, tu as la force, tu t'entraînes bien. Mais tu ne possèdes pas ce qui s'appelle le désir." C'était peut-être vrai. La volonté de "vaincre à tout prix" était vacillante chez Tengo. Du coup, s'il arrivait souvent jusqu'en demi-finale ou en finale, il finissait par être battu et n'avait jamais gagné une compétition importante. Il ne s'agissait pas seulement de judo. Tengo se comportait ainsi dans tous les domaines. Il était sans doute trop accommodant et ne voulait pas réussir coûte que coûte. Il en allait de même pour les romans. Ses textes n'étaient pas mauvais, il parvenait à construire des histoires intéressantes, mais pas assez puissantes pour vraiment captiver les lecteurs. Une fois la lecture achevée subsistait une insatisfaction, la sensation d'un manque. C'est pourquoi il avait souvent figuré dans la dernière sélection, mais sans jamais parvenir à être lauréat. Comme le lui avait bien fait observer Komatsu."
Extrait de 1Q84 / livre 1 / avril - juin
Chapitre 16
... que le résultat te plaise ...
MURAKAMI Haruki
Pour se rendre à l'Adachi muséum, il faut prendre le train de la gare - très bien entretenue ;) - de Matsue jusqu'à Yasugi où un shuttle bus gratuit vous conduit jusqu'au musée. Ce musée fondé en 1980 par Adachi Zenko abrite de belles oeuvres que l'on ne peut malheureusement pas photographier et ce remarquable jardin que l'on doit se contenter de contempler derrière de grandes baies vitrées, comme autant de tableaux ... Ce lieu empreint de sérénité certes, mais si parfait, m'a laissé une impression un peu étrange : c'est pourquoi, en lisant certains passage de 1Q84 où il est notamment question de sectes, j'ai fait le lien avec le décor et l'atmosphère de l'Adachi garden ...
Photo de Adachi Zenko ... que je viens d'ajouter pour compléter mon post et j'en ai aussi profité pour rectifier quelques coquilles ;)
Quand je parlais de sectaire - sauf le respect que je dois à ce généreux mécène, cet amoureux de la nature et de la botanique (dont vous trouverez la bio en cliquant sur le lien ci-dessus) - il pourrait avoir une belle tête de gourou, non ? ^^!
Petite précision : quand je parle d'amoureux de la botanique je ne fais aucune allusion à l'Amoureux d'une certaine CB, celui-là même que j'enverrais volontiers cultiver des tulipa dans le jardin de LB, alias mamie Zinzin ..

En fait, je ne m'en souvenais plus du tout, mais arrivée en fin de post, je me suis rappelée que j'avais pris quelques photos en catimini à l'intérieur avec mon petit Nikon ... quand je vous disais que cet endroit était étrange ... mais bon, je ne suis pas si facile à manipuler ;)
Photos à Adachi Museum of Art / Yasugi / province de Shimane / Japon / 30 juin 2011
La balade de Jun et Machi ...

"Je me souviens !
De tes mains de ton dos, de ton souffle,
De ces chaussettes blanches que tu venais juste d'ôter"

"De par la ville, en marinière, les collégiennes
ont le pas pressé
de qui fait attendre"

"Le souvenir d'avoir été aimée
quelque part transparent. Mais toujours seule
à quelque moment que ce soit "

"Toi, tu gardes tes samedis, n'est-ce pas ...
Et moi, c'est en fermant les yeux
que je passe les miens"
Jun, c'est l'illustratrice, Ayafuya Jun, jeune artiste peintre japonaise connue également sous le pseudonyme de "Kmr".
Machi, c'est la poétesse, Tawara Machi, auteure de "L'anniversaire de la salade".
Elles ont en commun la jeunesse et la fraîcheur de leurs oeuvres, un style aussi bien onirique que réaliste, inspiré par le Japon, ses villes, ses habitants, ses mangas ...
Alors, le temps d'une balade (tiens, je pourrais aussi bien écrire ballade ...), j'ai eu envie de les réunir, les peintures de Jun et les tankas de Machi !
Me connaissant - ben oui, je ne me connais que trop ;) - je peux déjà vous indiquer qu'il y en aura d'autres ...
Rotasu ...
Rotasu (lotus) au Ritsurin koen de Takamatsu (Shikoku)
"Ça et là, sur les bords de l'étang, et presque au niveau de l'eau, se voient de grandes pierres plates où s'arrêter, soit debout, soit assis, à considérer le monde lacustre ou suivre les plantes d'eau. De merveilleux nénuphars y laissent leurs feuilles huileuses flotter à la surface comme de brillants disques verts; puis ce sont des lotus roses, des lotus blanc de neige, des fleurs d'iris d'un violet de prisme qui courent tout le long du rivage, et, complétant le décor, des fougères, des mousses, des gazons.
Mais les lotus, surtout les lotus, partout, font de la pièce d'eau le coin le plus exquis. Rien de ravissant comme d'épier les phases successives de leur splendide épanouissement, depuis la première feuille qui s'entr'ouvre jusqu'à la chute de la dernière fleur.
C'est aux jours de pluie que cette plante est particulièrement curieuse à observer. Dans ses grandes feuilles, en forme de coupe, qui se balancent, altières, au-dessus des eaux, les gouttes s'amassent et demeurent; puis, lorsqu'lles ont atteint un certain niveau, la tige plie, se penche, et rejette tout, vidant sa feuille d'un bruit de flaque sonore. Elle se redresse, alors, et reprend sa position première.
La pluie qui tombe sur la feuille de lotus est un des sujets que se plaisent à répéter le plus souvent les travailleurs du métal japonais. Et le métal, seul, peut, en réalité, en reproduire l'effet : le mouvement, la couleur de l'eau glissant sur la surface verte oléagineuse affectant, précisément, la couleur et le mouvement exacts du vif-argent."
Lafcadio HEARN
"Le Japon inconnu : dans un jardin japonais"
Photos prises à Takamatsu, sur l'île de Shikoku, le 3 juillet 2011. Ce fut le seul jour pluvieux de mon séjour : judicieux hasard, car, comme le disait Lafcadio Hearn, que les lotus semblent heureux sous la pluie ;)
Nours !
Voila où est passé le Nours du Pierrot ;)
Couleurs et saveurs de là-bas ...

Ici, le début de l'automne ne marque pas la fin de l'été, mais son prolongement. Seul indice, le bleu du ciel est plus soutenu, plus pur. Alors, je fais un petit saut arrière dans le temps pour retrouver les couleurs de l'automne dans la région de Kyoto.
Pour les saveurs, c'est plus facile : je n'ai qu'à me mettre au fourneau ;)
Le kabocha, cucurbitacée originaire du Cambodge, a été introduit au Japon au XVIème siècle. C'est un légume très populaire au Japon ou il se consomme notamment en tempura, mijoté avec de la sauce soja, du sucre et du daishi, en potage, mais aussi en dessert. Il fait penser à une citrouille verte, mais son goût se rapproche plus du potimaron.
Sauté ou en tempura, on le consomme avec la peau
Kabocha cream ... (variante)
J'ai remplacé le kabocha par du potimaron (on peut aussi utiliser du potiron mais le goût du potimaron est plus subtil) coupé en petits dés, revenu dans très peu d'huile d'olive (1/2 c à café) avec de l'oignon, puis mouillé avec 250 ml de lait d'avoine bio, 1/2 cube de miso curry bio, cuit le tout pendant 15 mn, passé au blender, puis servi avec un peu de fleur de sel, du poivre noir du Kerala, de la crème d'avoine bio (1 c à café) et de la ciboulette fraîche.
Les photos prises hier soir avec mon Iphone ne sont pas géniales, mais je vous assure que je me suis régalée !
Je ne consomme que des laits végétaux bios (soja, avoine, kamut, riz ...) mais vous pouvez utiliser du lait et de la crème d'origine animale et remplacer le miso curry (touche japonaise) par du bouillon de volaille.
Photos Japon, octobre 2010













































































































































































































































































































































































































































































