Le Japon d'Asiemutée

10-05-2014

L'incolore Ttsukuru Tazaki ...

 

Je suis en retard dans mes lectures ; ce n'est pourtant pas le temps qui me manque, mais l'envie ... shame on me !!

Aujourd'hui, sur la plage avant qu'il ne pleuve, je découvrai les premiers feuillets du dernier roman d'Haruki Murakami "L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage". Je vous en livre un tout petit extrait, j'y reviendrai sans doute ;)

 

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" Pourtant, le hasard avait voulu que Tsukuru Tazaki se distingue légèrement sur un point : son patronyme ne comportait pas de couleur. Les deux garçons s'appelaient Akamatsu - pin rouge -, Ômi - mer bleue -, et les deux filles, respectivement Shirane - racine blanche - et Kurono - champ noir. Mais le nom "Tazaki" n'avait strictement aucun rapport avec une couleur. D'emblée, Tsukuru avait éprouvé à cet égard une curieuse sensation de mise à l'inde. Bien entendu, que le nom d'une personne contienne une couleur ou non ne disait rien de son caractère. Tsukuru le savait bien. Néanmoins, il regrettait qu'il en soit ainsi pour lui. Et, à son propre étonnement, il en était plutôt blessé. D'autant que les autres, naturellement, s'étaient mis à s'appeler par leur couleur. Rouge. Bleu. Blanche. Noire. Lui seul demeurait simplement "Tsukuru". Combien de fois avait-il sérieusement pensé qu'il aurait été préférable que son patronyme ait eu une couleur ! Alors, tout aurait été parfait. "

 

Roman chez Belfond / Traduit du japonais pas Hélène Morita

Photo sur les galets de Cap-Martin aujourd'hui


08-28-2014

Introspection sensorielle ...

 

Mizu-oto to mushi ne ne to waga shin'on to

 

Bruit de l'eau,

chant de grillons

et battements de mon coeur 

 

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Kazuko Nishimura

extrait de Anthologie "Du rouge aux lèvres"
Haïjins japonaises

Photos à Kyoto, juillet 2007

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08-15-2014

Le restaurant spécialisé dans la préparation des mousses ...

 

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C'est la vieille dame qui s'est chargée de tout pour me recevoir. Le repas a commencé par un apéritif à base d'eau de sphaignes. La gorgée qu'elle avait versée dans un verre à liqueur était presque transparente, mais si on l'agitait, un petit fragment remontait du fond.

"Qu'elles poussent à cet endroit, c'est la preuve que l'eau est pure.
- Comme l'indique leur nom.
- Oui, cette espèce n'est pas aussi rare qu'on le pense. Sa couleur est légèrement diluée. Sa forme ressemble aussi à celle des algues. Si vous voulez, tenez."

La vieille dame me tendait une boîte de Petri et une loupe.

"En observant l'original avec ça, je crois que la préparation vous paraîtra encore plus savoureuse."

Suivant ses indications, j'ai regardé le contenu de la boîte de Petri à travers la lentille. La loupe qui grossissait dix fois tenait dans une main et avait été beaucoup utilisée, car la poignée était imprégnée de sébum.

"Portez la loupe à votre oeil et approchez-vous des mousses, oui, sans hésiter.
- Ah, on voit bien."

Ce que je prenais pour de simples mousses apparaissait derrière la lentille sous un jour nouveau. Je ne savais pas s'il fallait les appeler des tiges ou des feuilles, mais en tout cas elles étaient formées de différentes parties dont la complexité ne convenait absolument pas à la sèche appellation de mousse. Courbes entrelacées, surfaces transparentes, petits sacs miniatures, excroissances, opercules, poudres, poils. Tout cela regroupé en continu était allongé sur le fond de la boîte de Petri. Elles avaient l'air tout juste cueillies, et l'on pouvait constater que la fraîcheur était partout, jusqu'à leur moindre extrémité. Par endroits se cachaient des gouttelettes d'eau, qui tremblaient doucement au rythme de ma respiration. Et ces gouttes d'eau reflétaient la couleur des mousses.

J'ai éloigné mes yeux de la loupe et j'ai bu une gorgée d'apéritif.

La vieille dame avait une manière de servir merveilleuse. Bien sûr, elle apportait les plats juste au bon moment, ses explications concernant les mousses étaient exactes et concises, elle ne plaisantait ni ne relâchait son attention, elle ne se hâtait pas en prévoyant la suite, et tout en se tenant dans un coin de mon champ de vision, se comportait exactement comme si elle n'était pas là. Ce qui m'a le plus émerveillée, c'est sa façon de marcher quand elle se déplaçait avec le plateau, sans qu'il n'y ait de chocs de vaisselle. Ses socquettes vert foncé glissaient sans bruit sur les tatamis comme de petites créatures autonomes. Bref, elle était la copie conforme de la femme de l'auberge. Et si les mousses avaient pu se déplacer, elles auraient certainement eu la même démarche qu'elles.

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Extrait de Manuscrit zéro de Yôko OGAWA

Un jour de septembre (vendredi)

Photos à Ohara (Japon) juillet 2007

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08-05-2014

Deux ans déjà ...

 

Deux ans déjà ... je crois bien qu'il me manque terriblement !

 

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06-18-2014

E la nave va ...

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Revenir ici,

juste un instant,

et vous souhaiter un bel été ...

 

 

 

 

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